{"id":9637,"date":"2021-10-29T10:19:46","date_gmt":"2021-10-29T08:19:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2021\/10\/29\/en-espagne-comment-des-plates-formes-de-livraison-tentent-de-contourner-la-loi_6100322_3234.html"},"modified":"2021-10-29T10:19:46","modified_gmt":"2021-10-29T08:19:46","slug":"en-espagne-comment-des-plates-formes-de-livraison-tentent-de-contourner-la-loi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/en-espagne-comment-des-plates-formes-de-livraison-tentent-de-contourner-la-loi\/","title":{"rendered":"En Espagne, comment des plates-formes de livraison tentent de contourner la loi"},"content":{"rendered":"
Il y a ceux qui sous-traitent \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de transport et de logistique l\u2019embauche des livreurs \u00e0 domicile (comme Uber Eats), ceux qui bricolent les param\u00e8tres des applications pour tenter d\u2019effacer toute relation de type salariale avec leurs coursiers (Glovo), ceux qui abandonnent (Deliveroo). Mais il y a aussi ceux qui jouent le jeu et embauchent leurs coursiers (Just Eat). Cinq mois apr\u00e8s l\u2019approbation de la loi \u00ab riders \u00bb en Espagne, un texte pionnier cens\u00e9e obliger les plates-formes num\u00e9riques \u00e0 salarier leurs livreurs, et deux mois et demi apr\u00e8s son entr\u00e9e en vigueur, le 12 ao\u00fbt, les diff\u00e9rents acteurs tentent de trouver la parade.<\/p>\n
\u00ab La loi est un outil utile pour r\u00e9guler le secteur. Et, m\u00eame si elle n\u2019est pas compl\u00e8tement efficace, les livreurs ayant un statut d\u2019autoentrepreneur sont aujourd\u2019hui une minorit\u00e9 \u00bb, <\/em>assure Carlos Gutierrez, porte-parole de la jeunesse et des nouvelles r\u00e9alit\u00e9s du travail pour le syndicat Commissions ouvri\u00e8res (CCOO). Pour lui, les b\u00e9n\u00e9fices du texte sont \u00e9vidents. \u00ab Les nouvelles plates-formes de livraison qui ont d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019implanter en Espagne depuis son approbation, comme Rocket, salarient les livreurs,<\/em> rappelle-t-il. Quant aux autres, la plupart essaient de contourner la loi, mais nous sommes en train de porter plainte. La question des coursiers n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg de l\u2019ub\u00e9risation du travail et il est indispensable d\u2019ordonner les nouvelles activit\u00e9s et de pr\u00e9server les droits du travail. \u00bb <\/em><\/p>\n Deliveroo a, lui, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 jeter l\u2019\u00e9ponge et faire une croix sur un march\u00e9 dynamique (pr\u00e8s de 4,7 millions de clients en 2019 ayant r\u00e9alis\u00e9 36 millions de commandes). \u00ab Ce qui est important, c\u2019est que, dans le cadre de la n\u00e9gociation du licenciement collectif, elle reconna\u00eetra la validit\u00e9 de la loi et, donc, le statut de salari\u00e9 des riders avant de les licencier \u00bb, <\/em>pr\u00e9cise M. Gutierrez. Pr\u00e8s de 3 800 coursiers sont concern\u00e9s.<\/p>\n Pour l\u2019heure, les grands gagnants de la nouvelle l\u00e9gislation espagnole semblent \u00eatre les entreprises de transport et logistique, comme Deelivers. Cette start-up galicienne, lanc\u00e9e en 2014, pr\u00e9voit de tripler ses r\u00e9sultats cette ann\u00e9e et de r\u00e9aliser 12 millions d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires. Choisie notamment par Uber Eats pour employer ses anciens livreurs autonomes, qu\u2019elle a d\u00e9connect\u00e9s de sa plate-forme en ao\u00fbt, elle recrute \u00e0 tour de bras et compte d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 1 400 livreurs, contre 600 \u00e0 peine avant la loi.<\/p>\n Pour attirer les candidats, qui \u00ab commencent \u00e0 manquer \u00bb, <\/em>selon son PDG, Adrian Pena, elle vante ses \u00ab conditions uniques \u00bb d\u2019embauche sur son site Web : flexibilit\u00e9 des horaires, trente et un jours de vacances par an, des b\u00e9n\u00e9fices sociaux au bout d\u2019un an, un salaire horaire fixe et des primes, pas de travail le jour de son anniversaire\u2026 Pour d\u00e9cider les r\u00e9ticents, elle a m\u00eame pr\u00e9par\u00e9 des r\u00e9ponses aux questions types, telles que : \u00ab Mon ami est travailleur ind\u00e9pendant et il peut travailler quand il veut \u00bb <\/em>ou \u00ab Mon ami gagne plus en travaillant comme autoentrepreneur \u00bb<\/em>. Signe que devenir salari\u00e9 d\u2019une entreprise de sous-traitance ne convainc pas tous les livreurs. \u00ab<\/strong> Surtout ceux qui travaillaient pour plusieurs plates-formes et pouvaient faire soixante heures par semaine \u00bb,<\/em> reconna\u00eet M. Pena.<\/p>\n Il vous reste 46.03% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Il y a ceux qui sous-traitent \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de transport et de logistique l\u2019embauche des livreurs \u00e0 domicile (comme Uber Eats), ceux qui bricolent les param\u00e8tres des applications pour tenter d\u2019effacer toute relation de type salariale avec leurs coursiers (Glovo), ceux qui abandonnent (Deliveroo). Mais il y a aussi ceux qui jouent le jeu<\/p><\/div>\nB\u00e9n\u00e9fices sociaux<\/h2>\n