{"id":9633,"date":"2021-10-29T05:00:17","date_gmt":"2021-10-29T03:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2021\/10\/29\/la-loi-pour-une-egalite-economique-et-professionnelle-reelle-peut-modifier-en-profondeur-les-directions-des-grandes-entreprises-francaises_6100283_3232.html"},"modified":"2021-10-29T05:00:17","modified_gmt":"2021-10-29T03:00:17","slug":"la-loi-pour-une-egalite-economique-et-professionnelle-reelle-peut-modifier-en-profondeur-les-directions-des-grandes-entreprises-francaises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/la-loi-pour-une-egalite-economique-et-professionnelle-reelle-peut-modifier-en-profondeur-les-directions-des-grandes-entreprises-francaises\/","title":{"rendered":"La loi pour une \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique et professionnelle r\u00e9elle\u00a0\u00bb peut modifier en profondeur les directions des grandes entreprises fran\u00e7aises"},"content":{"rendered":"
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Tribune. <\/strong>La loi Cop\u00e9-Zimmermann a impos\u00e9 en 2011 un minimum de 40 % d\u2019administrateurs de chaque sexe au sein des conseils d\u2019administration (CA) des entreprises cot\u00e9es en Bourse. Dix ans plus tard<\/a>, au moment o\u00f9 le S\u00e9nat <\/a>examine la proposition de loi \u00ab \u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique et professionnelle r\u00e9elle<\/a> \u00bb <\/em>qui vise, cette fois, \u00e0 imposer une mixit\u00e9 au sein des comit\u00e9s ex\u00e9cutifs \u2013 qui dirigent les entreprises au quotidien \u2013, il semble indispensable de tirer les le\u00e7ons de l\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n

La loi Cop\u00e9-Zimmermann a atteint, et m\u00eame d\u00e9pass\u00e9, les r\u00e9sultats chiffr\u00e9s attendus. Les femmes sont pass\u00e9es d\u2019une situation de toute petite minorit\u00e9 \u2013 7 % des membres des CA en 2006 dans les entreprises du SBF 120 [les 120 plus grosses capitalisations fran\u00e7aises] <\/em>\u2013 \u00e0 une situation proche de la parit\u00e9 : 46 % des effectifs aujourd\u2019hui. Alors que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des genres semblait grav\u00e9e dans le marbre depuis des d\u00e9cennies, cette loi a fait de la France la championne de la mixit\u00e9 des conseils d\u2019administration.<\/p>\n

Lire l\u2019entretien :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> Marie-Jo Zimmermann : \u00ab Les quotas de femmes dans les conseils d\u2019administration ont transform\u00e9 la gouvernance des entreprises \u00bb<\/a> <\/span> <\/section>\n

Mais il est int\u00e9ressant d\u2019examiner les cons\u00e9quences de cette r\u00e9forme sur la qualit\u00e9 de la gouvernance des entreprises concern\u00e9es. L\u2019\u00e9troitesse du vivier de femmes dirigeantes a-t-elle abouti \u00e0 la s\u00e9lection de personnalit\u00e9s de second choix, ayant moins d\u2019exp\u00e9rience, de qualifications, d\u2019ind\u00e9pendance que les administrateurs qui les pr\u00e9c\u00e9daient ?<\/p>\n

Cette question est r\u00e9currente d\u00e8s qu\u2019il est question de quotas. Accorder un quota \u00e0 une partie de la population jusque-l\u00e0 sous-repr\u00e9sent\u00e9e, suscite toujours des craintes quant \u00e0 la qualit\u00e9 des personnes nomm\u00e9es par la suite.<\/p>\n

Plus exp\u00e9riment\u00e9es, plus ind\u00e9pendantes<\/h2>\n

De fait, la r\u00e9forme Cop\u00e9-Zimmermann a caus\u00e9 dans un premier temps des difficult\u00e9s de recrutement. Les mandats, particuli\u00e8rement longs, des premi\u00e8res femmes nomm\u00e9es administratrices en t\u00e9moignent. Mais une recherche men\u00e9e par une \u00e9quipe de l\u2019universit\u00e9 Paris-Dauphine-PSL met en \u00e9vidence les effets finalement tr\u00e8s positifs de cette loi \u2013 \u00ab Closing the Gap : Board Gender Quotas and Hiring Practices \u00bb<\/a>, Daniel Ferreira, Edith Ginglinger, Marie-Aude Laguna et Yasmine Skalli, European Corporate Governance Institute (ECGI), Finance Research Paper<\/em> n\u00b0 520, 2020.<\/p>\n

Cette recherche d\u00e9montre notamment que, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pouvait anticiper, les nombreuses administratrices s\u00e9lectionn\u00e9es \u00e0 partir de 2011 sont plus exp\u00e9riment\u00e9es, plus ind\u00e9pendantes, et ont des profils plus internationalis\u00e9s que les rares femmes qui \u00e9taient auparavant \u00e0 ces postes.<\/p>\n

Que s\u2019est-il pass\u00e9 ?<\/p>\n

Jusqu\u2019\u00e0 la loi Cop\u00e9-Zimmermann, le recrutement des administrateurs \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 largement bas\u00e9 sur la cooptation \u00e0 travers des r\u00e9seaux tr\u00e8s peu f\u00e9minis\u00e9s d\u2019anciens de l\u2019X, d\u2019HEC, et de l\u2019ENA, dont les membres se trouvaient repr\u00e9sent\u00e9s de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e dans les conseils d\u2019administration.<\/p>\n

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Tribune. La loi Cop\u00e9-Zimmermann a impos\u00e9 en 2011 un minimum de 40 % d\u2019administrateurs de chaque sexe au sein des conseils d\u2019administration (CA) des entreprises cot\u00e9es en Bourse. Dix ans plus tard, au moment o\u00f9 le S\u00e9nat examine la proposition de loi \u00ab \u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique et professionnelle r\u00e9elle \u00bb qui vise, cette fois, \u00e0 imposer une mixit\u00e9 au sein<\/p><\/div>\n