{"id":8481,"date":"2021-01-26T06:45:05","date_gmt":"2021-01-26T05:45:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2021\/01\/26\/sophie-harnay-et-antoine-reberioux-la-gouvernance-des-entreprises-reste-un-univers-fortement-genre-pour-ne-pas-dire-masculin_6067610_1698637.html"},"modified":"2021-01-26T06:45:05","modified_gmt":"2021-01-26T05:45:05","slug":"sophie-harnay-et-antoine-reberioux-la-gouvernance-des-entreprises-reste-un-univers-fortement-genre-pour-ne-pas-dire-masculin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/sophie-harnay-et-antoine-reberioux-la-gouvernance-des-entreprises-reste-un-univers-fortement-genre-pour-ne-pas-dire-masculin\/","title":{"rendered":"Sophie Harnay et Antoine Reb\u00e9rioux\u00a0: \u00ab\u00a0La gouvernance des entreprises reste un univers fortement genr\u00e9, pour ne pas dire masculin\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
Tribune.<\/strong> Le 27 janvier 2011, l\u2019Assembl\u00e9e nationale adoptait la loi n<\/a>\u00b0 2011-103<\/a>, dite Cop\u00e9-Zimmermann. La France devenait ainsi le troisi\u00e8me pays, apr\u00e8s la Norv\u00e8ge et l\u2019Islande, \u00e0 adopter un \u00ab quota de genre \u00bb au sein des conseils d\u2019administration de ses soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es : \u00e0 compter de 2017, le genre le moins repr\u00e9sent\u00e9 devait constituer un minimum de 40 % des membres du conseil.<\/p>\n Il y avait urgence, tant le d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9tait criant : en 2010, les femmes repr\u00e9sentaient moins de 10 % des membres des conseils\u2026 Si ce d\u00e9s\u00e9quilibre n\u2019\u00e9tait pas sp\u00e9cifiquement fran\u00e7ais, les Etats-Unis ou les pays nordiques faisaient tout de m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement mieux. Qu\u2019en est-il, dix ans plus tard ?<\/p>\n Nous aurions toutes les raisons de nous r\u00e9jouir. La France est, avec une moyenne de plus de 40 % de femmes<\/a> dans les conseils de ses soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es, le pays aujourd\u2019hui le plus avanc\u00e9 en la mati\u00e8re parmi les grandes \u00e9conomies mondiales : en quelques ann\u00e9es, le recours \u00e0 la hard law,<\/em> comme disent les Anglo-Saxons, a donc fait preuve de son efficacit\u00e9.<\/p>\n De mani\u00e8re remarquable, ce volontarisme juridique ne s\u2019est pas accompagn\u00e9 d\u2019un affaiblissement de la capacit\u00e9 des conseils \u00e0 orienter et \u00e0 contr\u00f4ler la strat\u00e9gie des entreprises \u2013 contrairement \u00e0 ce qu\u2019annon\u00e7aient les Cassandre : les soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises sont parvenues \u00e0 recruter des femmes disposant de comp\u00e9tences similaires aux hommes qu\u2019elles rempla\u00e7aient.<\/p>\n De ce point de vue, la comparaison avec la Grande-Bretagne, qui faisait le choix, en janvier 2011 \u00e9galement, de la soft law<\/em> (approche non contraignante, demandant aux entreprises de respecter un seuil minimum d\u2019administratrices, ou de s\u2019en expliquer en cas de non-respect), est instructive. Aucune d\u00e9formation de la structure des conseils n\u2019est observable dans le cas fran\u00e7ais.<\/p>\n Les conseils ont, sur une d\u00e9cennie, suivi des trajectoires similaires dans les deux pays\u2026 \u00e0 l\u2019exception notable de la part de femmes, aujourd\u2019hui de 10 \u00e0 15 points de pourcentage inf\u00e9rieure outre-Manche. Ind\u00e9niablement, le choix fran\u00e7ais du quota contraignant, pourtant largement d\u00e9cri\u00e9 par les tenants de la libre entreprise, s\u2019est av\u00e9r\u00e9 judicieux. L\u2019usage de cet instrument s\u2019est d\u2019ailleurs banalis\u00e9 : la Belgique, l\u2019Italie, l\u2019Allemagne et, depuis 2018, la Californie ont elles aussi adopt\u00e9 la voie l\u00e9gislative pour promouvoir la diversit\u00e9 genr\u00e9e au sein des conseils.<\/p>\n Les in\u00e9galit\u00e9s de genre \u00e0 la t\u00eate des entreprises sont-elles pour autant \u00e9radiqu\u00e9es ? La r\u00e9ponse est n\u00e9gative.<\/p>\n Il vous reste 60.89% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Tribune. Le 27 janvier 2011, l\u2019Assembl\u00e9e nationale adoptait la loi n\u00b0 2011-103, dite Cop\u00e9-Zimmermann. La France devenait ainsi le troisi\u00e8me pays, apr\u00e8s la Norv\u00e8ge et l\u2019Islande, \u00e0 adopter un \u00ab quota de genre \u00bb au sein des conseils d\u2019administration de ses soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es : \u00e0 compter de 2017, le genre le moins repr\u00e9sent\u00e9 devait constituer un minimum de 40 % des membres<\/p><\/div>\nUn instrument banalis\u00e9<\/h2>\n