{"id":7378,"date":"2020-04-30T17:26:57","date_gmt":"2020-04-30T15:26:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2020\/04\/30\/la-recession-en-zone-euro-sera-de-5-a-12-en-2020-selon-christine-lagarde_6038303_3234.html"},"modified":"2020-04-30T17:26:57","modified_gmt":"2020-04-30T15:26:57","slug":"la-recession-en-zone-euro-sera-de-5-a-12-en-2020-selon-christine-lagarde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/la-recession-en-zone-euro-sera-de-5-a-12-en-2020-selon-christine-lagarde\/","title":{"rendered":"La r\u00e9cession en zone euro sera \u00ab\u00a0de \u2013 5\u00a0% \u00e0 \u2013 12\u00a0%\u00a0\u00bb en\u00a02020, selon Christine Lagarde"},"content":{"rendered":"
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S\u2019il y avait le moindre doute sur l\u2019ampleur de la crise \u00e9conomique en cours, la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) et une s\u00e9rie d\u2019indicateurs \u00e9conomiques y ont mis fin, jeudi 30 avril. Christine Lagarde, la pr\u00e9sidente de l\u2019institution mon\u00e9taire, pr\u00e9voit une r\u00e9cession \u00ab entre \u2013 5 % et \u2013 12 % \u00bb<\/em> pour la zone euro, en 2020. \u00ab La contraction est d\u2019une magnitude et d\u2019une vitesse sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00bb<\/em>, a-t-elle expliqu\u00e9, lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse donn\u00e9e par vid\u00e9o.<\/p>\n

Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> Lire aussi <\/span> La France conna\u00eet la plus importante chute de son activit\u00e9 depuis 1949<\/a> <\/span> <\/section>\n

Au premier trimestre, le recul du produit int\u00e9rieur brut (PIB) est effectivement historique, selon les donn\u00e9es publi\u00e9es jeudi : \u2013 3,8 % dans la zone euro (le pire depuis la cr\u00e9ation de cette s\u00e9rie statistique en 1995), dont \u2013 5,8 % en France (le pire depuis la cr\u00e9ation de cette s\u00e9rie statistique en 1949), \u2013 5,2 % en Espagne, \u2013 4,7 % en Italie\u2026 Ces chutes vertigineuses sont le r\u00e9sultat du confinement, qui n\u2019a pourtant \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 que graduellement courant mars. Le deuxi\u00e8me trimestre, avec un confinement presque complet de tous les pays sur l\u2019ensemble du mois d\u2019avril, sera bien pire : \u00ab les indicateurs pointent vers \u2013 15 % d\u2019un trimestre sur l\u2019autre \u00bb<\/em> pour la zone euro, a continu\u00e9 Mme <\/sup>Lagarde.<\/p>\n

Dans le brouillard<\/h2>\n

Tous les signaux sont au rouge. \u00ab Au d\u00e9but, seuls certains secteurs \u00e9taient s\u00e9v\u00e8rement affect\u00e9s, <\/em>a observ\u00e9 la pr\u00e9sidente de la BCE. On parlait du tourisme, du transport, du divertissement\u2026 Et puis, graduellement, des secteurs entiers de l\u2019\u00e9conomie ont \u00e9t\u00e9 tout simplement ferm\u00e9s. Ca commence tout juste \u00e0 se voir dans les statistiques, avec les premiers chiffres du premier trimestre. \u00bb<\/em><\/p>\n

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Pour la suite, les indicateurs de la consommation sont \u00ab en chute libre \u00bb<\/em>, le march\u00e9 du travail s\u2019est \u00ab profond\u00e9ment d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 \u00bb<\/em>, le d\u00e9clin est visible \u00ab dans le secteur manufacturier mais aussi dans le secteur des services \u00bb<\/em>\u2026 En Allemagne, a soulign\u00e9 Christine Lagarde \u2013 qui s\u2019exprimait devant une salle de presse vide \u2013 718 000 entreprises ont recours au ch\u00f4mage partiel. En France, 425 000 soci\u00e9t\u00e9s<\/a>, couvrant plus de dix millions d\u2019employ\u00e9s, sont concern\u00e9es. En Italie, six millions de salari\u00e9s sont dans la m\u00eame situation.<\/p>\n

Lire aussi <\/span> La facture du ch\u00f4mage partiel en France est encore largement sous-estim\u00e9e<\/a> <\/span> <\/section>\n

La pr\u00e9sidente de la BCE a ajout\u00e9 qu\u2019elle est dans un brouillard complet sur la suite \u00e0 attendre pour l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne. Combien de temps dureront les confinements ? L\u2019\u00e9pid\u00e9mie due au coronavirus sera-t-elle contr\u00f4l\u00e9e ? Les restaurants et les h\u00f4tels rouvriront-ils, et \u00e0 quelle \u00e9ch\u00e9ance ? Les consommateurs oseront-ils y retourner ? \u00ab Ca rend notre travail de pr\u00e9vision de l\u2019\u00e9conomie extr\u00eamement difficile \u00bb<\/em>, a-t-elle pr\u00e9cis\u00e9.<\/p>\n

L\u2019incertitude est la m\u00eame en ce qui concerne l\u2019inflation, estim\u00e9e par Eurostat \u00e0 0,4 % en avril en zone euro, contre 1,7 % un an plus t\u00f4t. Au premier abord, la r\u00e9gion semble donc s\u2019approcher de la d\u00e9flation. Mais, derri\u00e8re cette statistique, se cache une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s diverse. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les prix de l\u2019\u00e9nergie s\u2019effondrent, reflet d\u2019un march\u00e9 p\u00e9trolier qui a implos\u00e9 ces derni\u00e8res semaines. De l\u2019autre, les prix alimentaires s\u2019envolent (+ 3,6 %), en particulier pour les produits frais (\u00ab aliments non transform\u00e9s \u00bb<\/em>), qui flambent \u00e0 + 7,7 %.<\/p>\n

\u00ab Une pause \u00bb<\/h2>\n

Dans ces conditions catastrophiques, l\u2019institution de Francfort n\u2019a pas pris de grande mesure, ce jeudi, mais elle a affich\u00e9 sa d\u00e9termination \u00e0 continuer \u00e0 soutenir l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne. En mars, dans l\u2019urgence, elle avait annonc\u00e9 un \u00ab plan pand\u00e9mie \u00bb<\/em> consistant \u00e0 acheter pour 750 milliards d\u2019euros de dette des Etats jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n

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Dans ce cadre, elle d\u00e9pense environ 5 milliards d\u2019euros par jour. A ce rythme, l\u2019enveloppe sera \u00e9puis\u00e9e \u00e0 l\u2019automne. La BCE a donc tenu \u00e0 rassurer les march\u00e9s, se disant \u00ab tout \u00e0 fait pr\u00eate \u00e0 augmenter la taille <\/em>[du plan pand\u00e9mie] et \u00e0 ajuster sa composition, autant et aussi longtemps que n\u00e9cessaire \u00bb.<\/em><\/p>\n

Par ailleurs, la BCE a effectu\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une nouvelle baisse de son taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. D\u00e9sormais, les banques qui augmentent leurs pr\u00eats aupr\u00e8s des entreprises, et en particulier des PME, pourront se financer \u00e0 \u2013 1 %, contre \u2013 0,75 % jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. En clair, la Banque centrale les subventionne, \u00e0 condition qu\u2019elles fassent tourner l\u2019\u00e9conomie. Cette mesure doit permettre aux \u00e9tablissements bancaires europ\u00e9ens d\u2019\u00e9conomiser environ 3 milliards d\u2019euros, selon les calculs de Frederik Ducrozet, sp\u00e9cialiste de la BCE \u00e0 Pictet, une banque priv\u00e9e.<\/p>\n

Avec cette conf\u00e9rence de presse, l\u2019institution mon\u00e9taire \u00ab a marqu\u00e9 une pause \u00bb<\/em>, fait savoir Marchel Alexandrovich, \u00e9conomiste \u00e0 la banque Jefferies. C\u2019\u00e9tait attendu, l\u2019annonce du plan pand\u00e9mie en mars ayant permis de calmer les march\u00e9s. Ceux-ci tablent maintenant sur de nouvelles mesures d\u2019ampleur lors de la r\u00e9union du mois de juin, peut-\u00eatre avec une augmentation du plan pand\u00e9mie \u00e0 1 000 milliards d\u2019euros, voire plus. D\u2019ici l\u00e0, l\u2019ampleur des cons\u00e9quences \u00e9conomiques sera peut-\u00eatre un peu plus claire.<\/p>\n

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Cela laisse du temps aux Etats europ\u00e9ens pour agir. Ces derniers demeurent en d\u00e9saccord sur la possibilit\u00e9 de mutualiser une partie de leurs dettes, peut-\u00eatre avec la cr\u00e9ation d\u2019un fonds sp\u00e9cial en commun. \u00ab Une politique ambitieuse et coordonn\u00e9e des Etats est essentielle \u00bb<\/em>, a rappel\u00e9 Mme <\/sup>Lagarde, qui leur demande d\u2019aller \u00ab plus loin \u00bb<\/em>. Apr\u00e8s l\u2019intervention d\u00e9cisive de la BCE le mois dernier, la balle est d\u00e9sormais dans le camp des gouvernements europ\u00e9ens.<\/p>\n

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Notre s\u00e9lection d\u2019articles sur le coronavirus<\/p>\n<\/section>\n

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Eric Albert<\/span>(Londres, correspondance)<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<\/section>\n

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S\u2019il y avait le moindre doute sur l\u2019ampleur de la crise \u00e9conomique en cours, la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) et une s\u00e9rie d\u2019indicateurs \u00e9conomiques y ont mis fin, jeudi 30 avril. Christine Lagarde, la pr\u00e9sidente de l\u2019institution mon\u00e9taire, pr\u00e9voit une r\u00e9cession \u00ab entre \u2013 5 % et \u2013 12 % \u00bb pour la zone euro, en 2020. \u00ab La contraction est d\u2019une<\/p><\/div>\n