{"id":7034,"date":"2020-03-04T12:43:36","date_gmt":"2020-03-04T11:43:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2020\/03\/04\/un-plan-b-en-negociation-pour-les-travailleurs-sans-papiers-du-chantier-du-nouveau-siege-du-monde_6031812_3234.html"},"modified":"2020-03-04T12:43:36","modified_gmt":"2020-03-04T11:43:36","slug":"un-plan-b-en-negociation-pour-les-travailleurs-sans-papiers-du-chantier-du-nouveau-siege-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/un-plan-b-en-negociation-pour-les-travailleurs-sans-papiers-du-chantier-du-nouveau-siege-du-monde\/","title":{"rendered":"Un plan B en n\u00e9gociation pour les travailleurs sans-papiers du chantier du nouveau si\u00e8ge du \u00ab\u00a0Monde\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
\u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut ? \u00bb \u00ab Des papiers ! Des papiers ! \u00bb \u00ab Pour qui ? \u00bb \u00ab Pour tous ! Pour tous ! \u00bb<\/em> Ils sont toujours l\u00e0, ils crient et dansent devant le b\u00e2timent du nouveau si\u00e8ge du Monde<\/em> dans le 13e<\/sup> arrondissement de Paris, les travailleurs sans-papiers africains de ce chantier, charg\u00e9s de nettoyer le parvis chaque jour. Le 27 f\u00e9vrier, c\u2019\u00e9tait en effet une fausse victoire. L\u2019employeur de ces ouvriers, la soci\u00e9t\u00e9 Golden Clean, n\u2019a pas tenu sa promesse donn\u00e9e \u00e0 l\u2019issue d\u2019une n\u00e9gociation, le soir de ce premier jour d\u2019\u00ab occupation \u00bb du site : il n\u2019a pas apport\u00e9 les bulletins de salaire de ses ouvriers. Beaucoup travaillait pour lui sur ce chantier depuis mi-2019 et ils n\u2019ont jamais vu une seule fiche de paye, ce qui leur interdit de pr\u00e9tendre \u00e0 une r\u00e9gularisation.<\/p>\n Alors l\u2019occupation continue. Une occupation limit\u00e9e toutefois \u00e0 deux locaux commerciaux au rez-de-chauss\u00e9e. \u00ab Ils ne retardent pas le chantier \u00bb<\/em>, constate Louis Dreyfus, pr\u00e9sident du directoire du Groupe Le Monde. Les premi\u00e8res \u00e9quipes devaient emm\u00e9nager le 4 mars.<\/p>\n Pour tenter de sortir de cette impasse, ces travailleurs ont contact\u00e9 le syndicat CNT-Solidarit\u00e9 ouvri\u00e8re (SO) qui les repr\u00e9sente et les accompagne. D\u00e9sormais, Golden Clean est \u00ab hors jeu \u00bb<\/em>, souligne Etienne Deschamps, juriste \u00e0 la CNT-SO.<\/p>\n En attendant un plan B, il faut tuer le temps. Les soutiens affluent de divers collectifs et d\u2019anciens salari\u00e9s de Golden Clean qui ont travaill\u00e9 sur d\u2019autres chantiers. Direction, un des deux locaux pr\u00eat\u00e9s par Le Monde<\/em> aux sans-papiers. L\u00e0 se trouvent les vestiaires pour toutes les entreprises pr\u00e9sentes sur ce chantier. L\u00e0 aussi y dorment certains travailleurs africains, par terre. Il y a quelques tables, des bancs.<\/p>\n En milieu d\u2019apr\u00e8s-midi, lundi 2 mars, certains jouent ou lisent sur leur smartphone, d\u2019autres font leur pri\u00e8re ou discutent. Entour\u00e9e par une soixantaine de travailleurs, une militante du collectif Action mobilisation BTP Ile-de-France annonce au micro qu\u2019elle va chanter une chanson \u00e9crite par des ouvriers du BTP. \u00ab Ecoutez nos voix, qui montent des chantiers, nos voix de prol\u00e9taires…(…) Marre de trimer pour un salaire de mis\u00e8re, de finir le corps bris\u00e9 avant la retraite… \u00bb <\/em> Applaudissements. Avant que l\u2019auditoire ne reprenne le rituel \u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut ? \u00bb,<\/em> etc.<\/p>\n La n\u00e9gociation se poursuit. \u00ab On discute avec une entreprise pour qu\u2019elle reprenne les contrats de travail \u00bb<\/em>, indique M. Dreyfus. Il reste environ un mois de travail sur ce site. Mais l\u2019id\u00e9e est d\u2019essayer, pr\u00e9cise-t-il, de \u00ab donner des perspectives un peu plus longues sur d\u2019autres chantiers \u00bb <\/em>qu\u2019aurait cette soci\u00e9t\u00e9 de nettoyage dont il tait le nom pour le moment.<\/p>\n Il faut donc identifier les travailleurs qui pourraient pr\u00e9tendre \u00e0 une reprise de leur contrat et donc d\u00e9finir les p\u00e9riodes de travail prises en compte. Une notion est en r\u00e9alit\u00e9 ambigu\u00eb car \u00ab pour les entreprises, les sans-papiers sont interchangeables,<\/em> explique Marion, juriste elle aussi \u00e0 la CNT-SO. On les fait remplacer, on les met ailleurs. \u00bb<\/em> La discussion est serr\u00e9e. \u00ab Je fais tout ce que je peux<\/em>, souligne M. Dreyfus. Apr\u00e8s, il ne faut pas mettre l\u2019entreprise en p\u00e9ril. On ne peut pas \u00eatre durablement propri\u00e9taire d\u2019un immeuble vide. \u00bb<\/em><\/p>\nLa n\u00e9gociation se poursuit<\/h2>\n