{"id":5140,"date":"2019-06-19T09:50:49","date_gmt":"2019-06-19T07:50:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5478361\/"},"modified":"2019-06-28T17:19:48","modified_gmt":"2019-06-28T15:19:48","slug":"le-turn-over-des-infirmiers-aux-urgences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/le-turn-over-des-infirmiers-aux-urgences\/","title":{"rendered":"Le turn-over des infirmiers aux urgences"},"content":{"rendered":"
Dans les h\u00f4pitaux parisiens, les infirmiers ne demeurent en moyenne que trois ans dans les services d\u2019urgence, selon des estimations. Un d\u00e9s\u00e9quilibre des \u00e9quipes qui brouille encore un peu plus le travail des soignants.<\/strong><\/em><\/p>\n Ce sera la deuxi\u00e8me fois qu\u2019elle immobilise les urgences. Mais cette fois, pour de bon. Anne-Claire Rafflegeau redonnera franchement sa blouse d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e et changera de m\u00e9tier, apr\u00e8s six ans aux urgences du Kremlin-Bic\u00eatre, au sud de Paris. \u00ab\u00a0Je voulais \u00eatre infirmi\u00e8re depuis l\u2019\u00e2ge de 15\u00a0ans mais l\u00e0, je suis \u00e0 bout. Physiquement, psychologiquement. J\u2019ai 31\u00a0ans, je suis c\u00e9libataire, je ne gagne pas hyper bien ma vie. J\u2019ai fait mon temps aux urgences.\u00a0\u00bb<\/p>\n Quand elle sort dipl\u00f4m\u00e9e de son \u00e9cole d\u2019infirmi\u00e8res il y a huit ans, son ultime stage la projette aux urgences. Elle adore\u00a0: \u00ab\u00a0La proximit\u00e9 avec le patient, les diff\u00e9rentes pathologies, l\u2019adr\u00e9naline\u2026 on ne sait jamais ce qui va se passer\u00a0!\u00a0\u00bb Mais d\u00e9j\u00e0, les conditions de travail sont embrouill\u00e9es et, au bout de trois ans, Anne-Claire fait un \u00ab\u00a0burn-out\u00a0\u00bb \u00e0 la suite d\u2019une attaque physique. \u00ab\u00a0La direction ne m\u2019a absolument pas accompagn\u00e9e. J\u2019\u00e9tais d\u00e9go\u00fbt\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n La jeune soignante abandonne alors son service pour atteindre une habitation priv\u00e9. Mais au bout de deux ans, l\u2019envie de r\u00e9cup\u00e9rer les urgences l\u2019emporte\u00a0: revenue comme infirmi\u00e8re de nuit au Kremlin-Bic\u00eatre, elle ne convient plus son service. 80\u00a0% de l\u2019\u00e9quipe qu\u2019elle \u00e9prouvait est partie, dit-elle. Depuis, face \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de travail, Anne-Claire Rafflegeau s\u2019est nomm\u00e9e et fait actuellement partie du collectif Inter-Urgences, qui a d\u00e9termin\u00e9 lundi 17\u00a0juin de continuer le mouvement de gr\u00e8ve.<\/p>\n \u00ab\u00a0Nous sommes les pi\u00e8ces d\u2019une machine qui nous broie\u00a0\u00bb<\/p>\n S\u2019il n\u2019existe pas de statistiques officielles sur le\u00a0turn-over des param\u00e9dicaux dans les services d\u2019urgence\u00a0; plusieurs d\u00e9clarations font \u00e9tat d\u2019une forte instabilit\u00e9 des \u00e9quipes. Selon l\u2019\u00e9valuation de Christophe Prudhomme, porte-parole de l\u2019association des m\u00e9decins urgentistes de France (AMUF), accomplie \u00e0 partir d\u2019attestations de cadres de sant\u00e9, une infirmi\u00e8re demeure en moyenne trois ans dans un service d\u2019urgence parisien. Certes, \u00ab\u00a0c\u2019est plus stable dans les petits services de province, mais dans tous les grands h\u00f4pitaux, il y a une tr\u00e8s forte rotation, assure M. Prudhomme. A l\u2019h\u00f4pital Lariboisi\u00e8re, o\u00f9 les conditions sont particuli\u00e8rement difficiles, la moiti\u00e9 du personnel est partie en un an\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Dans les h\u00f4pitaux parisiens, les infirmiers ne demeurent en moyenne que trois ans dans les services d\u2019urgence, selon des estimations. Un d\u00e9s\u00e9quilibre des \u00e9quipes qui brouille encore un peu plus le travail des soignants. Ce sera la deuxi\u00e8me fois qu\u2019elle immobilise les urgences. Mais cette fois, pour de bon. Anne-Claire Rafflegeau redonnera franchement sa blouse<\/p><\/div>\n