{"id":5073,"date":"2019-06-18T11:20:55","date_gmt":"2019-06-18T09:20:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5477901\/"},"modified":"2019-06-25T17:37:37","modified_gmt":"2019-06-25T15:37:37","slug":"premiere-but-du-bonus-malus-sur-les-contrats-courts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/premiere-but-du-bonus-malus-sur-les-contrats-courts\/","title":{"rendered":"Premi\u00e8re but du bonus-malus sur les contrats courts"},"content":{"rendered":"
La profession ne s\u2019en cache pas\u00a0: une nette confession de l\u2019Union des m\u00e9tiers et des industries de l\u2019h\u00f4tellerie (UMIH), le chiffre de contrats de moins d\u2019un mois a retenti en dix\u00a0ans, fr\u00e9quent\u00e9 de 1,5 \u00e0 3,8\u00a0millions. Une condition qui fait du secteur, qui compte 740\u00a0000 salari\u00e9s, l\u2019une des premi\u00e8res cibles du bonus-malus que convoite instaur\u00e9 le gouvernement. Si le plan de l\u2019ex\u00e9cutif est opt\u00e9, les contributions sur les CDD courts pr\u00e9senteraient en effet hauss\u00e9es de 0,95 point, et les CDD d\u2019usage soumis \u00e0 un pr\u00e9l\u00e8vement forfaitaire de 10 euros.<\/p>\n
\u00ab\u00a0Trop rigides\u00a0\u00bb<\/p>\n
\u00ab\u00a0On va payer, se r\u00e9sout St\u00e9phane Malchow. Le tout est de savoir combien.\u00a0\u00bb Car, bien que le malus \u00e0 venir, le restaurateur ne entrevoit pas de changer ses habitudes. L\u2019int\u00e9rim \u00ab\u00a0co\u00fbte les yeux de la t\u00eate\u00a0\u00bb, d\u00e9duit-t-il. Quant aux CDI ou aux CDD, m\u00eame \u00e0 temps partiel, ils sont \u00ab\u00a0trop rigides\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0D\u2019ailleurs, des surtaxations, il y en a d\u00e9j\u00e0 eu en\u00a02013 et en\u00a02017, rappelle Thierry Gr\u00e9goire, pr\u00e9sident de la branche saisonniers de l\u2019UMIH. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les CDD d\u2019usage de se multiplier.\u00a0\u00bb<\/p>\n
L\u2019organisation professionnelle estime aux repr\u00e9sentants patronaux et syndicaux d\u2019avoir \u00ab\u00a0rendu les cl\u00e9s du camion \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif\u00a0\u00bb, faute de parvenir \u00e0 un arrangement sur le changement de l\u2019assurance-ch\u00f4mage. La surtaxation des contrats courts, parce qu\u2019elle ne sera appliqu\u00e9e que dans sept secteurs, est \u00ab\u00a0une mesure discriminatoire\u00a0\u00bb, \u00e9cume Thierry Gr\u00e9goire. Un dispositif qui va \u00ab\u00a0taxer des soci\u00e9t\u00e9s qui n\u2019ont pas d\u2019autres options, alors qu\u2019on laisse prosp\u00e9rer l\u2019autoentreprise, pourtant beaucoup moins encadr\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n
Pour sortir du trou, l\u2019UMIH planche depuis des mois sur un projet de CDI hybride\u00a0: un contrat dit \u00ab\u00a0de mobilit\u00e9s\u00a0\u00bb, port\u00e9 par une plate-forme convenue par la branche. Cette derni\u00e8re, en plaisant un r\u00f4le de conciliateur avec les employeurs, regrouperait les diff\u00e9rentes missions des salari\u00e9s en contrat court et se chargerait de les r\u00e9tribuer. Elle collecterait identiquement des cotisations suppl\u00e9mentaires aupr\u00e8s des entreprises, pour la formation et la r\u00e9mun\u00e9ration des salari\u00e9s entre deux missions. Objectif\u00a0: d\u00e9lester l\u2019assurance-ch\u00f4mage d\u2019une partie des allocations tout en gardant la flexibilit\u00e9 du travail.<\/p>\n
Event\u00e9 en f\u00e9vrier alors que les discussions sur la r\u00e9forme de l\u2019Un\u00e9dic glissaient, le dispositif serait continuellement \u00e0 l\u2019\u00e9tude, selon Thierry Gr\u00e9goire, qui se donne jusqu\u2019au 31\u00a0d\u00e9cembre pour en exprimer les modalit\u00e9s. Il pourrait \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par une autre proposition\u00a0: celle d\u2019un statut d\u2019extra s\u00e9curis\u00e9, interdit par le Groupement national des ind\u00e9pendants de l\u2019h\u00f4tellerie-restauration (GNI-Synhorcat). Son pr\u00e9sident, Didier Chenet, a pr\u00e9venu qu\u2019il en pr\u00e9senterait les contours \u00ab\u00a0dans les prochains jours\u00a0\u00bb.<\/p>\n
CDI en temps partag\u00e9<\/p>\n
Une s\u00e9lection peu \u00e9prouv\u00e9e existe pourtant d\u00e9j\u00e0\u00a0: le CDI en temps partag\u00e9 au sein d\u2019un groupement d\u2019employeurs. Il admet par exemple \u00e0 une femme de chambre d\u2019\u0153uvrer pour plusieurs employeurs tout en ayant un contrat fixe. L\u2019association Reso France en a fait sa marque de fabrique, depuis son proclamation, il y a seize ans, \u00e0 l\u2019initiative de restaurateurs et d\u2019h\u00f4teliers nantais. Cr\u00e9\u00e9 pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019insuffisance chronique de personnel dans le secteur, ce groupement d\u2019employeurs salarie aujourd\u2019hui 370 \u00e9quivalents temps plein, dont une centaine de CDI en temps partag\u00e9, pour un salaire brut mensuel moyen de 1\u00a0570\u00a0euros.<\/p>\n
Le GNI-Synhorcat a aussi d\u00e9velopp\u00e9 une structure similaire, sp\u00e9cialis\u00e9e, elle, dans les fonctions support. St\u00e9phane Malchow en a exp\u00e9riment\u00e9, mais n\u2019a jamais, jusque-l\u00e0, creus\u00e9 la question. \u00ab\u00a0Pour l\u2019instant, je me d\u00e9brouille, d\u00e9clare-t-il. Mais le malus pourrait bien me forcer \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ces groupements.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
St\u00e9phane Malchow a un mouvement en dents de scie. De grosses tabl\u00e9es un jour, un service plus calme le lendemain\u2026 Au caf\u00e9 Mollard, l\u2019\u00e9tablissement parisien qu\u2019il pilote pr\u00e8s de la gare Saint-Lazare, le chiffre d\u2019affaires peut transformer de 30\u00a0% selon les mois. Alors le patron fait comme tous les restaurateurs fran\u00e7ais\u00a0: il recrute des extras.<\/p><\/div>\n