{"id":383,"date":"2018-08-03T18:50:00","date_gmt":"2018-08-03T16:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5339251\/"},"modified":"2018-08-06T15:16:34","modified_gmt":"2018-08-06T13:16:34","slug":"dans-les-quartiers-nord-de-marseille-les-salaries-dun-mcdo-se-battent-pour-sauver-leur-emploi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/dans-les-quartiers-nord-de-marseille-les-salaries-dun-mcdo-se-battent-pour-sauver-leur-emploi\/","title":{"rendered":"Dans les quartiers Nord de Marseille, les salari\u00e9s d\u2019un McDo se battent pour sauver leur emploi"},"content":{"rendered":"
\"Le\u00a0McDo
<\/figcaption><\/figure>\n

Pour Samia Ghali, s\u00e9natrice socialiste des Bouches-du-Rh\u00f4ne, c\u2019est \u00ab un petit fr\u00e8re de Florange \u00bb<\/em> qui se pr\u00e9pare, avec des \u00ab licenciements cach\u00e9s par une liquidation insidieusement d\u00e9guis\u00e9e en rachat \u00bb<\/em>. Les 77 salari\u00e9s du McDonald\u2019s Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, dans les quartiers Nord de Marseille, vivent dans la hantise du ch\u00f4mage depuis l\u2019annonce de la transformation de leur \u00e9tablissement en \u00ab\u00a0halal asiatique\u00a0\u00bb.<\/h4>\n

Avec le refus du tribunal de grande instance de Marseille, vendredi 3 ao\u00fbt, de prolonger<\/a> le d\u00e9lai de consultation du comit\u00e9 d\u2019entreprise au-del\u00e0 de mardi minuit, la fin de ce \u00ab\u00a0McDo\u00a0\u00bb inaugur\u00e9 en 1992 semble imminente. Mais les salari\u00e9s sont loin de d\u00e9sarmer<\/a>. \u00ab\u00a0Cette d\u00e9cision n\u2019enl\u00e8ve pas son caract\u00e8re frauduleux au projet de cession (…) et nous finirons par obtenir<\/a> l\u2019annulation de la vente devant la justice\u00a0\u00bb<\/em>, assurent-ils dans un communiqu\u00e9.<\/p>\n

\u00ab\u00a0Cette reprise, c\u2019est du vent, McDonald\u2019s veut juste \u00e9viter<\/a> de payer<\/a> un plan social\u00a0\u00bb<\/em>, s\u2019insurge aupr\u00e8s de l\u2019Agence France-Presse Kamel Guemari, sous-directeur du restaurant et secr\u00e9taire d\u00e9partemental adjoint FO de la restauration rapide. \u00ab\u00a0En attendant, c\u2019est nous qui avons les salari\u00e9s en pleurs \u00e0 1 heure du matin. Le num\u00e9ro vert de la cellule psychologique, c\u2019est bidon, il n\u2019y a jamais personne au bout du fil\u00a0\u00bb<\/em>, accuse-t-il, vid\u00e9o \u00e0 l\u2019appui.<\/p>\n

Selon Jean-Pierre Brochiero, actuel franchis\u00e9 du McDonald\u2019s Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, \u00e0 50-50 avec McDonald\u2019s France, ce restaurant des quartiers Nord est d\u00e9ficitaire, avec 3,3 millions d\u2019euros de perte depuis 2009. Et ce malgr\u00e9 les 404 000 euros touch\u00e9s en 2014 en compensation des travaux de la L2, une rocade de contournement de Marseille en chantier depuis dix ans, qui longe le restaurant.<\/p>\n

Des chiffres r\u00e9cus\u00e9s par Christophe Lomonaco, ex-directeur du McDonald\u2019s de Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, aujourd\u2019hui \u00e0 Plan-de-Campagne, un des cinq autres \u00ab\u00a0McDo\u00a0\u00bb de M. Brochiero qui vont rester<\/a> sous l\u2019enseigne am\u00e9ricaine, mais avec un autre franchis\u00e9 : \u00ab\u00a0McDonald\u2019s a touch\u00e9 500 000 euros par an pour la L2, si on en tient compte Saint-Barth\u00e9l\u00e9my est positif\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n

Une reconversion vers le halal qui ne convainc pas<\/h2>\n

Zora, 47 ans, divorc\u00e9e et m\u00e8re de deux enfants, est une des 77 salari\u00e9s menac\u00e9s. En CDI \u00e0 plein temps, comme 55 de ses coll\u00e8gues. Une raret\u00e9 dans un mod\u00e8le McDo qui fonctionne largement avec des temps partiels, souvent \u00e9tudiants. \u00ab\u00a0Le soir, on n\u2019arrive pas \u00e0 dormir<\/a>. Et si on dort, on fait des cauchemars\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-elle.<\/p>\n

\u00ab\u00a0McDo veut se d\u00e9barrasser<\/a> du dernier village gaulois\u00a0\u00bb<\/em>, accuse Salim Grabsi, professeur dans le quartier et membre du Syndicat des quartiers populaires de Marseille (SDQPM) : \u00ab\u00a0Sinon pourquoi refuser<\/a> de reclasser<\/a> ces salari\u00e9s dans les autres McDo marseillais ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

Ce McDo est le deuxi\u00e8me employeur priv\u00e9 des quartiers Nord, derri\u00e8re un hypermarch\u00e9 Carrefour. D\u2019o\u00f9 sa mobilisation, et la visite sur place de Jean-Luc M\u00e9lenchon ou du secr\u00e9taire d\u00e9partemental du Parti communiste.<\/p>\n

Lire aussi : \u00a0 A Marseille, la tr\u00e8s politique r\u00e9novation d\u2019une \u00e9cole par La France insoumise <\/a><\/p>\n

Si M. Brochiero parle de \u00ab\u00a0projet de la derni\u00e8re chance\u00a0\u00bb<\/em>, soulignant les 500 000 euros de travaux pr\u00e9vus par Hali Food, le repreneur, et les 70 emplois pr\u00e9serv\u00e9s dans ce tournant vers \u00ab\u00a0la restauration ethnique\u00a0\u00bb<\/em>, \u00ab\u00a0au c\u0153ur d\u2019un quartier \u00e0 forte concentration musulmane\u00a0\u00bb<\/em>, peu croient \u00e0 cette reconversion vers le halal.<\/p>\n

\u00ab\u00a0Le jour de l\u2019A\u00efd, tous les gamins viennent au McDo au lieu d\u2019aller manger<\/a> le couscous de la grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em>, assure Karima Berriche, du SDQPM : \u00ab\u00a0C\u2019est la cantine du quartier, \u00e7a remplace m\u00eame la cantine scolaire quand ils sont en gr\u00e8ve !\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

\u00ab\u00a0Le poumon du quartier\u00a0\u00bb<\/h2>\n

\u00ab\u00a0C\u2019est le poumon du quartier\u00a0\u00bb<\/em>, insiste A\u00efcha, 49 ans, chez McDo depuis vingt-cinq ans. \u00ab\u00a0Notre deuxi\u00e8me maison\u00a0\u00bb<\/em>, l\u00e2che C\u00e9cile, 55 ans, \u00ab\u00a0\u00e9quipi\u00e8re polyvalente\u00a0\u00bb<\/em> depuis vingt-quatre ans : \u00ab\u00a0Ici j\u2019ai f\u00eat\u00e9 l\u2019anniversaire de tous les enfants du quartier\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n

Des gamins au parcours parfois difficile. \u00ab\u00a0Une trentaine de jeunes sortis de prison sont pass\u00e9s ici pour se recaser\u00a0\u00bb<\/em>, estime Kamel Guemari, chez McDo depuis 1998, \u00e0 16 ans : \u00ab\u00a0Le juge d\u2019application des peines jouait le jeu avec nous\u00a0\u00bb<\/em>. \u00ab\u00a0Mais il n\u2019y a pas que \u00e7a\u00a0\u00bb<\/em>, insiste Farida, une cliente venue avec ses enfants : \u00ab\u00a0Le quartier, sans le McDo, ce sera le d\u00e9sert. Quand on veut se donner<\/a> un rendez-vous, c\u2019est ici. Il n\u2019y a rien d\u2019autre…\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

A quelques m\u00e8tres, le mini-centre commercial du quartier n\u2019attend plus que d\u2019\u00eatre ras\u00e9. Et les rideaux de fer sont baiss\u00e9s sur la boulangerie, la boucherie et le salon de coiffure.<\/p>\n

Lire aussi : \u00a0 Le terminus qui laisse les quartiers nord de Marseille en rade <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Pour Samia Ghali, s\u00e9natrice socialiste des Bouches-du-Rh\u00f4ne, c\u2019est \u00ab un petit fr\u00e8re de Florange \u00bb qui se pr\u00e9pare, avec des \u00ab licenciements cach\u00e9s par une liquidation insidieusement d\u00e9guis\u00e9e en rachat \u00bb. Les 77 salari\u00e9s du McDonald\u2019s Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, dans les quartiers Nord de Marseille, vivent dans la hantise du ch\u00f4mage depuis l\u2019annonce de la transformation de<\/p><\/div>\n