{"id":3200,"date":"2019-03-04T11:20:57","date_gmt":"2019-03-04T10:20:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5431115\/"},"modified":"2019-03-07T19:58:32","modified_gmt":"2019-03-07T18:58:32","slug":"nationalisation-de-lassurance-chomage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/nationalisation-de-lassurance-chomage\/","title":{"rendered":"Nationalisation de l\u2019assurance-ch\u00f4mage\u00a0"},"content":{"rendered":"
En reprenant la main apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations sur la convention Un\u00e9dic, M. Macron est le premier pr\u00e9sident \u00e0 aller au bout de la logique du toujours plus d\u2019Etat, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.<\/strong><\/em><\/p>\n Chronique. Dans le panth\u00e9on de l\u2019histoire sociale, deux figures tut\u00e9laires se font face et s\u2019opposent : Otto von Bismarck et William Beveridge. A la fin du XIXe si\u00e8cle, le chancelier allemand (1815-1898) a cr\u00e9\u00e9 des assurances sociales financ\u00e9es par des contributions assises sur les revenus du travail. L\u2019\u00e9conomiste britannique (1879-1963), lui, a pens\u00e9 en 1942 un Etat-providence consomm\u00e9 par l\u2019imp\u00f4t, moins g\u00e9n\u00e9reux mais universel. Apr\u00e8s la seconde guerre mondiale, la France s\u2019est principalement emport\u00e9e du mod\u00e8le allemand pour fonder la S\u00e9curit\u00e9 sociale, sans renoncer \u00e0 un id\u00e9al d\u2019universalit\u00e9 qui en a fait un syst\u00e8me hybride.<\/p>\n Le gouvernement se tourne aussit\u00f4t vers Beveridge avec le \u00ab syst\u00e8me de solidarit\u00e9 \u00bb pr\u00e9sent\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lors de sa campagne pr\u00e9sidentielle. Puisque les droits ne sont plus attach\u00e9s \u00e0 un statut social fixe mais \u00e0 une personne au parcours professionnel plus erratique, expose le chef de l\u2019Etat, \u00ab la protection sociale doit d\u00e9sormais se fonder sur l\u2019individu pour ne laisser personne au bord de la route \u00bb. Une philosophie qui s\u2019est exig\u00e9e pour l\u2019assurance-maladie ou les appuis familiaux, et qui vient de s\u2019\u00e9taler \u00e0 l\u2019assurance-ch\u00f4mage.<\/p>\n Une bonne mesure de mauvaise foi<\/strong><\/p>\n Car l\u2019Etat a bien \u00ab nationalis\u00e9 \u00bb l\u2019assurance-ch\u00f4mage, m\u00eame si celle-ci reste pour une part r\u00e9tribu\u00e9e par les revenus du travail. Le mot a \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9 par le pr\u00e9sident du Medef, Geoffroy Roux de B\u00e9zieux, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des contestations patronat-syndicats, inaptes de s\u2019accorder sur une nouvelle convention pour l\u2019Un\u00e9dic, qui croule sous une dette de 35 milliards d\u2019euros (financ\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la garantie de l\u2019Etat). M. Macron les a reproch\u00e9s, jeudi 21 f\u00e9vrier : \u00ab On est dans un dr\u00f4le de syst\u00e8me o\u00f9 chaque jour, dans le pays, on dit \u201ccorps interm\u00e9diaires, d\u00e9mocratie territoriale, d\u00e9mocratie sociale, laissez-nous faire\u201d et, quand on donne la main, on dit : \u201cPardon Monsieur, c\u2019est dur, reprenez-la.\u201d \u00bb<\/p>\n Il lui faut une bonne dose de mauvaise foi pour attribuer cet \u00e9chec aux partenaires sociaux. Il ne les a pas \u00ab laiss\u00e9 faire \u00bb, puisqu\u2019il leur a exig\u00e9, avant le d\u00e9but des n\u00e9gociations, une lettre de cadrage pr\u00e9voyant 1 milliard d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies par an et un malus pour les entreprises abusant des contrats courts. Il faut aussi un zeste de cynisme pour produire les corps interm\u00e9diaires, lui qui en a fait si peu de cas depuis son \u00e9lection. En reprenant la main, M. Macron est le premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00e0 aller au bout de la logique du toujours plus d\u2019Etat et \u00e0 attirer les le\u00e7ons d\u2019une tendance \u00e0 l\u2019\u0153uvre depuis belle lurette.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" En reprenant la main apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations sur la convention Un\u00e9dic, M. Macron est le premier pr\u00e9sident \u00e0 aller au bout de la logique du toujours plus d\u2019Etat, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique. Chronique. Dans le panth\u00e9on de l\u2019histoire sociale, deux figures tut\u00e9laires se font face et s\u2019opposent : Otto von<\/p><\/div>\n