{"id":2908,"date":"2019-02-15T11:57:03","date_gmt":"2019-02-15T10:57:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5423860\/"},"modified":"2019-02-18T17:10:50","modified_gmt":"2019-02-18T16:10:50","slug":"chomage-une-baisse-a-certifier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/chomage-une-baisse-a-certifier\/","title":{"rendered":"Ch\u00f4mage : une baisse \u00e0 certifier"},"content":{"rendered":"
<\/div>\n
<\/div>\n
<\/section>\n
Si l\u2019on peut s\u2019amuser du fait que le taux de ch\u00f4mage soit pass\u00e9 sous la barre des 9 % au quatri\u00e8me trimestre 2018, ces chiffres nous appellent cependant \u00e0 la prudence et \u00e0 la modestie.<\/strong><\/em><\/p>\n

Le ch\u00f4mage en France est tomb\u00e9, au quatri\u00e8me trimestre 2018, \u00e0 8,8 % de la population active, une chute consistante de 0,3 point, selon les statistiques de l\u2019Insee publi\u00e9es jeudi 14 f\u00e9vrier. On ne sait quel sentiment doit l\u2019emmener : la satisfaction de repasser sous la barre symbolique des 9 % ou bien le stress face au constat qu\u2019il aura fallu une d\u00e9cennie pour retrouver le niveau d\u2019avant la crise financi\u00e8re. La courbe du ch\u00f4mage a effectivement fini par s\u2019inverser, mais la performance n\u2019a rien d\u2019un exploit : rappelons que le taux de ch\u00f4mage moyen de la zone euro, lui, est tomb\u00e9 sous les 8 %.<\/p>\n

M\u00eame si les chiffres sont encourageants, et il convient de le souligner. D\u2019abord, le taux de ch\u00f4mage des 15-24 ans, qui baisse clairement, \u00e0 18,8 %, soit six points de moins par rapport au pic de 2016. Autre bonne nouvelle : le taux d\u2019emploi des 15-64 ans n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9lev\u00e9 depuis 1980, avec 66,1 % de la population. Enfin, la pr\u00e9carit\u00e9 recule : le nombre de contrats \u00e0 dur\u00e9e impr\u00e9cise progresse, tandis que les personnes \u00e0 temps complet n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi nombreuses depuis 2003.<\/p>\n

Ces chiffres viennent r\u00e9affirmer la tendance molle qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre ces derniers mois : une d\u00e9crue lente et irr\u00e9guli\u00e8re, qui appelle prudence et modestie. Prudence, parce que les donn\u00e9es sont fluctuantes. Fin 2017, on avait d\u00e9j\u00e0 cru \u00e0 une diminution significative et prometteuse, qui avait \u00e9t\u00e9 pratiquement effac\u00e9e le trimestre suivant. Certes, les chiffres de la fin de 2018 constituent une heureuse surprise, alors qu\u2019on nous promettait le pire entre le net ralentissement de la croissance et la crise des \u00ab gilets jaunes \u00bb. Mais il ne faut pas se r\u00e9jouir trop vite.<\/p>\n

D\u2019abord, ce n\u2019est qu\u2019au dernier \u00ab acte \u00bb que l\u2019on pourra estimer le co\u00fbt r\u00e9el des blocages et des abaissements auxquels on assiste samedi apr\u00e8s samedi. Ensuite, il serait na\u00eff de miser sur la conjoncture pour esp\u00e9rer la poursuite de la baisse du ch\u00f4mage. Un rapide coup d\u2019\u0153il sur la situation de nos principaux partenaires commerciaux nous remet les pieds sur terre. L\u2019Italie est de nouveau entr\u00e9e en r\u00e9cession, l\u2019Allemagne y a \u00e9chapp\u00e9 de peu, quant au Royaume-Uni, le ralentissement est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, alors qu\u2019on ne sait toujours pas comment le Brexit va \u00e9voluer.<\/p>\n

P\u00e9nurie \u00e0 recruter<\/strong><\/p>\n

Au-del\u00e0 de quelques indicateurs encourageants, on prend surtout connaissance de la complexit\u00e9 de la situation. Comment, dans un pays o\u00f9 il y a pr\u00e8s de 9 % de ch\u00f4meurs, les entreprises peuvent-elles avoir autant de p\u00e9nuries \u00e0 recruter ? Par ailleurs, la fluctuation de la courbe de l\u2019emploi aura toujours du mal \u00e0 rendre compte des d\u00e9g\u00e2ts sociaux g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par des ann\u00e9es de ch\u00f4mage de masse. Il ne faut pas imaginer qu\u2019on va r\u00e9tablir 1,4 million de personnes sans emploi depuis plus de deux ans simplement gr\u00e2ce \u00e0 une plus grande flexibilit\u00e9 du travail et des carnets de commandes qui se remplissent. Le gouvernement l\u2019a bien compris, en consacrant 15 milliards d\u2019euros pour rehausser le niveau des comp\u00e9tences des personnes les plus \u00e9loign\u00e9es de l\u2019emploi. De l\u00e0 \u00e0 affirmer que \u00ab personne n\u2019est inemployable \u00bb, c\u2019est faire preuve de beaucoup d\u2019optimisme.<\/p>\n

Optimiste, Emmanuel Macron l\u2019a \u00e9t\u00e9 durant led\u00e9but de son quinquennat il s\u2019est fix\u00e9 l\u2019objectif de revenir \u00e0 7 % de ch\u00f4mage \u00e0 la fin de son mandat. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est encore dans les temps. Mais qui aurait dit que la France mettrait dix ans pour r\u00e9cup\u00e9rer son niveau d\u2019avant-crise ?<\/p>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Si l\u2019on peut s\u2019amuser du fait que le taux de ch\u00f4mage soit pass\u00e9 sous la barre des 9 % au quatri\u00e8me trimestre 2018, ces chiffres nous appellent cependant \u00e0 la prudence et \u00e0 la modestie. Le ch\u00f4mage en France est tomb\u00e9, au quatri\u00e8me trimestre 2018, \u00e0 8,8 % de la population active, une chute consistante<\/p><\/div>\n