{"id":2409,"date":"2019-01-23T11:30:05","date_gmt":"2019-01-23T10:30:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5413318\/"},"modified":"2019-01-23T18:32:00","modified_gmt":"2019-01-23T17:32:00","slug":"assurance-chomage-parcours-de-retard-entre-patronat-et-syndicats","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/assurance-chomage-parcours-de-retard-entre-patronat-et-syndicats\/","title":{"rendered":"Assurance-ch\u00f4mage\u00a0: \u00ab Parcours de retard \u00bb entre patronat et syndicats"},"content":{"rendered":"
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La huiti\u00e8me s\u00e9ance de discussions, mardi, a de nouveau achopp\u00e9 sur la question de la r\u00e9gulation des contrats courts. Les n\u00e9gociations sont prolong\u00e9es jusqu\u2019au 20 f\u00e9vrier.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n

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La logique voudrait que leur discussion cesse, au vu du gouffre qui les s\u00e9pare. Mardi 22 janvier, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une huiti\u00e8me s\u00e9ance de d\u00e9bats sur l\u2019assurance-ch\u00f4mage, les partenaires sociaux ont, pour la \u00e9ni\u00e8me fois, d\u00e9montr\u00e9 l\u2019ampleur de leurs divergences \u00e0 propos d\u2019un sujet-cl\u00e9 : la r\u00e9sorption de la pr\u00e9carit\u00e9 dans le monde du travail.<\/p>\n

Comme pr\u00e9vu, les mouvements d\u2019employeurs ont refoul\u00e9 une proposition des organisations de salari\u00e9s, visant \u00e0 instaurer un bonus-malus afin de contenir la prolif\u00e9ration des contrats courts. Cette fin de non-recevoir n\u2019a pas, pour autant, provoqu\u00e9 de conflit. Les acteurs veulent prolonger leurs \u00e9changes, m\u00eame s\u2019ils tournent \u00e0 la \u00ab course de lenteur \u00bb, selon la formule de Denis Gravouil (CGT). Deux r\u00e9unions suppl\u00e9mentaires auront lieu, les 14 et 20 f\u00e9vrier.<\/p>\n

La d\u00e9l\u00e9gation patronale a proc\u00e9d\u00e9 avec m\u00e9thode, mardi. D\u2019abord, tailler en pi\u00e8ces tout syst\u00e8me de bonus-malus qui augmenterait les cotisations des entreprises dont la main-d\u2019\u0153uvre tourne fr\u00e9quemment. Une \u00ab mauvaise id\u00e9e \u00bb, d\u2019apr\u00e8s Hubert Mongon (Medef), car elle \u00ab risquerait de freiner l\u2019activit\u00e9 \u00bb, de fragiliser plus encore les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9j\u00e0 \u00ab en difficult\u00e9 \u00bb et de peser \u00ab sur les gains de productivit\u00e9 \u00bb. \u00ab Pr\u00e9sentation \u00e0 charge d\u2019une piste qu\u2019ils n\u2019ont jamais voulu ouvrir \u00bb, a object\u00e9 Marylise L\u00e9on (CFDT). Les parties en pr\u00e9sence ont cependant dissert\u00e9 durant plus d\u2019une heure sur la probl\u00e9matique pour aboutir \u00e0 la conclusion, pr\u00e9visible, qu\u2019aucun terrain d\u2019entente ne pourrait \u00eatre trouv\u00e9.<\/p>\n

Int\u00e9r\u00eat poli<\/strong><\/p>\n

Puis est venu le temps des \u00ab proposions alternatives \u00bb, port\u00e9es par le patronat pour favoriser \u00ab l\u2019acc\u00e8s durable \u00e0 l\u2019emploi \u00bb et \u00ab s\u00e9curiser le parcours \u00bb des personnes. Une douzaine de r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clin\u00e9es, dont plusieurs s\u2019inspirent de conventions de branches r\u00e9cemment sign\u00e9es : favoriser le recrutement en \u00ab contrat long \u00bb des salari\u00e9s ayant encha\u00een\u00e9 des contrats courts, am\u00e9liorer la r\u00e9gulation des CCD d\u2019usage (un statut particuli\u00e8rement flexible), promouvoir les groupements d\u2019employeurs \u2013 un dispositif o\u00f9 la main-d\u2019\u0153uvre partage son temps de travail entre plusieurs soci\u00e9t\u00e9s, etc.<\/p>\n

Certains avis ont suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat poli, du c\u00f4t\u00e9 de la CFDT et de la CFE-CGC. Par exemple, celle accordant la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019embauche des individus effectuant des CDD \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. D\u2019autres, au contraire, ont \u00e9t\u00e9 vues par toutes les centrales comme des \u00ab lignes rouges \u00bb \u00e0 ne pas passer : ainsi en va-t-il du recours facilit\u00e9 aux heures compl\u00e9mentaires pour les personnes \u00e0 temps partiel. Mais, au total, la copie patronale a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e insuffisante : \u00ab Il n\u2019y a aucun effort de fait par les entreprises, a l\u00e2ch\u00e9 Michel Beaugas (FO). \u00c7a ne s\u00e9curise que les [employeurs]. \u00bb<\/p>\n

D\u00e8s lors, \u00e0 quoi bon poursuivre la n\u00e9gociation ? Elle \u00ab n\u2019a pas [d\u00e9but\u00e9], on ne va pas la quitter \u00bb, a expliqu\u00e9 M. Gravouil. \u00ab Les vraies [discussions] commenceront le 31 janvier \u00bb, a rench\u00e9ri Jean-Fran\u00e7ois Foucard (CFE-CGC). Ce jour-l\u00e0, le Medef, la Conf\u00e9d\u00e9ration des petites et moyennes entreprises (CPME) et l\u2019Union des entreprises de proximit\u00e9 (U2P) doivent d\u00e9couvrir un projet d\u2019accord, avec \u2013 entre autres \u2013 des mesures sur les param\u00e8tres d\u2019indemnisation des demandeurs d\u2019emploi.<\/p>\n

Elles s\u2019annoncent rudes, aux yeux des syndicats, car le patronat entend respecter la \u00ab trajectoire financi\u00e8re \u00bb fix\u00e9e par le gouvernement : permettre \u00e0 l\u2019assurance-ch\u00f4mage d\u2019\u00e9conomiser 3 \u00e0 3,9 milliards d\u2019euros en trois ans. Les repr\u00e9sentants des organisations de salari\u00e9s veulent donc continuer \u00e0 croiser le fer pour, annoncent-ils, s\u2019opposer \u00e0 un texte synonyme de r\u00e9duction des droits pour les ch\u00f4meurs.<\/p>\n

Position g\u00eanante<\/strong><\/p>\n

Dans cette condition, la probabilit\u00e9 de parvenir \u00e0 un compromis appara\u00eet tr\u00e8s faible, de prime abord. \u00ab On va droit dans le mur \u00bb, pronostique M. Gravouil. Mais une autre issue est possible : celle d\u2019un \u00ab accord \u00bb a minima, paraph\u00e9 par le patronat et une partie des organisations syndicales, qui ne contiendrait aucun m\u00e9canisme nouveau de majoration des cotisations ni de dispositions trop douloureuses pour les demandeurs d\u2019emploi. Un tel sc\u00e9nario n\u2019est pas \u00e0 \u00e9carter : la CFTC et la CFDT se sont dites pr\u00eates \u00e0 mettre en balance le bonus-malus avec les propositions des mouvements d\u2019employeurs.<\/p>\n

Si cette hypoth\u00e8se s\u2019accomplit, l\u2019ex\u00e9cutif se retrouvera dans une position inconfortable : soit il ent\u00e9rine l\u2019accord, ce qui impliquera de renoncer \u00e0 l\u2019objectif d\u2019\u00e9conomies et au bonus-malus \u2013 promesse de campagne d\u2019Emmanuel Macron ; soit il le rejette pour pouvoir aller au bout de ses desseins mais avec le risque d\u2019\u00eatre, une fois de plus, d\u00e9nonc\u00e9 de pi\u00e9tiner les corps interm\u00e9diaires.<\/p>\n<\/section>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

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