{"id":12261,"date":"2023-10-25T08:50:23","date_gmt":"2023-10-25T06:50:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2023\/10\/25\/prix-penser-le-travail-la-degradation-de-la-qualite-du-travail-a-la-loupe_6196363_1698637.html"},"modified":"2023-10-25T08:50:23","modified_gmt":"2023-10-25T06:50:23","slug":"prix-penser-le-travail-la-degradation-de-la-qualite-du-travail-a-la-loupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/prix-penser-le-travail-la-degradation-de-la-qualite-du-travail-a-la-loupe\/","title":{"rendered":"Prix Penser le travail\u00a0: la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 du travail \u00e0 la loupe"},"content":{"rendered":"
L\u2019importance de l\u2019environnement de travail, la singularit\u00e9 des m\u00e9tiers, la r\u00e9habilitation du geste, c\u2019est ce que nous racontent les trois ouvrages nomm\u00e9s au prix Penser le travail : Le Deuxi\u00e8me Corps<\/em>, de Karen Messing (Ecosoci\u00e9t\u00e9), Le Travail press\u00e9<\/em>, de Corinne Gaudart et Serge Volkoff (Les Petits Matins) et Le Soin des choses<\/em> (La D\u00e9couverte), de David Pontille et J\u00e9r\u00f4me Denis.<\/p>\n D\u2019une certaine mani\u00e8re, l\u2019\u00e9dition 2023 du prix de l\u2019ouvrage management de l\u2019ann\u00e9e cofond\u00e9 par Sciences Po et Le Monde<\/em> c\u00e9l\u00e8bre la complexit\u00e9 du monde du travail et l\u2019importance qu\u2019il y a \u00e0 l\u2019observer de pr\u00e8s pour en pr\u00e9server la qualit\u00e9. A quoi servirait de travailler toujours plus vite et toujours plus intens\u00e9ment si c\u2019est au d\u00e9triment de la qualit\u00e9 du travail et de la sant\u00e9 de ceux qui le font ?<\/p>\n Les \u00e9tudiants en management de Sciences Po qui ont pass\u00e9 leur ann\u00e9e de master \u00e0 d\u00e9battre de l\u2019ensemble des ouvrages publi\u00e9s en 2022 dans leur sp\u00e9cialit\u00e9 l\u2019ont bien compris en pr\u00e9s\u00e9lectionnant ces trois finalistes sur quelque quatre-vingts ouvrages. L\u2019approche clinique du travail commune aux trois nomm\u00e9s met en exergue les points de rupture et la d\u00e9gradation des conditions du travail \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u00e8s leur apparition.<\/p>\n Qu\u2019ils soient ergonomes, sociologues ou biologistes, les auteurs nous invitent \u00e0 les suivre dans leurs enqu\u00eates de terrain dans le BTP, la banque, les mus\u00e9es, les commerces, aupr\u00e8s des infirmi\u00e8res, des enseignants, des ing\u00e9nieurs, etc. pour voir \u00e9merger les sources des in\u00e9galit\u00e9s femmes-hommes, les m\u00e9canismes de l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du travail, et le r\u00f4le de la maintenance dans la pr\u00e9servation de la qualit\u00e9 du travail.<\/p>\n Dans son essai, la bio-g\u00e9n\u00e9ticienne canadienne Karen Messing, professeure \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, aborde la question de la sant\u00e9 au travail par le genre. Elle part des in\u00e9galit\u00e9s constat\u00e9es en situation de travail pour chercher la fa\u00e7on la plus efficace d\u2019am\u00e9liorer la prise en compte de la sant\u00e9 des femmes. Elle d\u00e9veloppe l\u2019inadaptation des \u00e9quipements professionnels au corps des femmes. Elle pointe que les exigences physiques du travail des femmes sont souvent invisibilis\u00e9es, contrairement \u00e0 celles des t\u00e2ches typiquement masculines, et d\u00e9montre en quoi \u00ab l\u2019occultation des diff\u00e9rences biologiques li\u00e9es au sexe peut exacerber les in\u00e9galit\u00e9s et nuire \u00e0 la sant\u00e9 des femmes \u00bb<\/em>.<\/p>\nL\u2019inadaptation des \u00e9quipements<\/h2>\n