{"id":11446,"date":"2023-03-10T07:00:06","date_gmt":"2023-03-10T06:00:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/campus\/article\/2023\/03\/10\/caviste-une-reconversion-prisee-chez-les-trentenaires_6164899_4401467.html"},"modified":"2023-03-10T07:00:06","modified_gmt":"2023-03-10T06:00:06","slug":"caviste-une-reconversion-prisee-chez-les-trentenaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/caviste-une-reconversion-prisee-chez-les-trentenaires\/","title":{"rendered":"Caviste, une reconversion pris\u00e9e chez les trentenaires"},"content":{"rendered":"
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Sur la photo de son compte LinkedIn, Coraline Lan-Lemasson, 35 ans, pose tout sourire avec un tire-bouchon entre les mains. Un accessoire qui r\u00e9sume \u00e0 lui seul sa nouvelle vie professionnelle. Cette ancienne responsable du marketing dans l\u2019industrie pharmaceutique a rencontr\u00e9 son \u00e9poux, Thomas, 35 ans \u00e9galement, au sein des Laboratoires Pierre Fabre. Apr\u00e8s un d\u00e9but de carri\u00e8re prometteur, le jeune couple s\u2019envole pour un tour du monde de neuf mois. A leur retour en France, en 2019, ils tentent, en vain, de renouer avec le m\u00e9tro-boulot-dodo parisien. Au bout de six mois, l\u2019envie de se reconvertir leur semble \u00e9vidente. \u00ab On voulait exercer un m\u00e9tier plus concret<\/em>, raconte la jeune femme, avec enthousiasme. On s\u2019est souvenu que les deux choses qui nous avaient le plus manqu\u00e9 en voyage, c\u2019\u00e9taient le vin et le fromage. On a donc d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019engager dans ce secteur passion. \u00bb<\/em><\/p>\n

Les jeunes mari\u00e9s ont beau avoir quelques connaissances acquises au fil de visites de vignobles et de bonnes tables, ils ont commenc\u00e9 par se former. Pendant un an, Coraline a suivi les cours du Centre interprofessionnel de formation des commerces de l\u2019alimentation de Toulouse pour obtenir son certificat de qualification professionnelle (CQP) de vendeur conseil caviste. Une formation pour laquelle elle n\u2019a rien d\u00e9bours\u00e9, le tout \u00e9tant financ\u00e9 par la branche professionnelle. Apr\u00e8s quelques mois de recherche et un pr\u00eat \u00e0 la banque, Coraline et Thomas ont inaugur\u00e9, en septembre 2021, La Bonne Combine, un lieu chaleureux au c\u0153ur de la capitale de l\u2019Occitanie, qui allie 300 r\u00e9f\u00e9rences de vins et un peu moins de fromages.<\/p>\n

Le couple Lemasson n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir choisi de bouleverser son quotidien pour s\u2019installer au milieu des bouteilles de rouge et de blanc. \u00ab Depuis le Covid, nous avons constat\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e de jeunes professionnels<\/em>, relate <\/em>Patrick Jourdain, pr\u00e9sident du Syndicat des cavistes. Souvent lass\u00e9s par un quotidien urbain, ils quittent leur emploi pour se lancer dans le secteur en qu\u00eate d\u2019une autre qualit\u00e9 de vie. \u00bb <\/em>Patrick Jourdain n\u2019est pas \u00e9tonn\u00e9 de cet engouement. Depuis plusieurs ann\u00e9es, la proportion de reconversions \u00ab fr\u00f4le les 80 % \u00bb<\/em>. \u00ab Les cavistes qui s\u2019engagent en formation initiale dans la profession sont tr\u00e8s rares \u00bb<\/em>, poursuit-il. En g\u00e9n\u00e9ral, les profils sont toujours les m\u00eames : des CSP+ passionn\u00e9s, souvent d\u2019anciens cadres dans la banque ou la grande distribution, qui se tournent vers un milieu qui les fait r\u00eaver.<\/p>\n

Pas de dipl\u00f4me sp\u00e9cifique<\/h2>\n

\u00ab Apr\u00e8s le Covid, les gens ont red\u00e9couvert leurs cavistes, ces commer\u00e7ants de proximit\u00e9 rest\u00e9s ouverts pendant le confinement<\/em>, analyse G\u00e9raldine Gossot, la directrice de l\u2019Universit\u00e9 du vin de Suze-la-Rousse (Dr\u00f4me), une formation r\u00e9put\u00e9e dans le milieu. Beaucoup ont alors saut\u00e9 le pas pour concr\u00e9tiser leur envie de changement et on a eu un gros coup de chaud sur les inscriptions \u00e0 la rentr\u00e9e 2020-2021. \u00bb <\/em>Un succ\u00e8s qu\u2019elle explique par des raisons culturelles, puisque \u00ab beaucoup de gens sont passionn\u00e9s par le vin en France \u00bb<\/em> mais aussi par l\u2019accessibilit\u00e9 du m\u00e9tier. \u00ab C\u2019est une profession g\u00e9n\u00e9raliste, concr\u00e8te, qu\u2019on peut exercer sans se former de mani\u00e8re trop technique<\/em>, <\/em>analyse-t-elle. Devenir vigneron, c\u2019est plus difficile par exemple. \u00bb<\/em><\/p>\n

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Sur la photo de son compte LinkedIn, Coraline Lan-Lemasson, 35 ans, pose tout sourire avec un tire-bouchon entre les mains. Un accessoire qui r\u00e9sume \u00e0 lui seul sa nouvelle vie professionnelle. Cette ancienne responsable du marketing dans l\u2019industrie pharmaceutique a rencontr\u00e9 son \u00e9poux, Thomas, 35 ans \u00e9galement, au sein des Laboratoires Pierre Fabre. Apr\u00e8s un d\u00e9but de<\/p><\/div>\n