{"id":10297,"date":"2022-05-11T15:00:15","date_gmt":"2022-05-11T13:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2022\/05\/11\/on-le-savait-on-le-redoutait-on-se-demandait-juste-quand-ca-allait-arriver-dans-le-lunevillois-la-lente-agonie-des-faiences-de-l-est_6125648_3234.html"},"modified":"2022-05-11T15:00:15","modified_gmt":"2022-05-11T13:00:15","slug":"on-le-savait-on-le-redoutait-on-se-demandait-juste-quand-ca-allait-arriver-dans-le-lunevillois-la-lente-agonie-des-faiences-de-lest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/on-le-savait-on-le-redoutait-on-se-demandait-juste-quand-ca-allait-arriver-dans-le-lunevillois-la-lente-agonie-des-faiences-de-lest\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0On le savait, on le redoutait. On se demandait juste quand \u00e7a allait arriver\u00a0\u00bb\u00a0: dans le Lun\u00e9villois, la lente agonie des fa\u00efences de l\u2019Est"},"content":{"rendered":"
Autrefois, la Lorraine \u00e9tait une terre d\u2019\u00e9lection pour les arts du feu. Fa\u00efenceries et cristalleries y brillaient depuis le XVIIIe<\/sup> si\u00e8cle. Mais avec la disparition des fa\u00efenceries de Saint-Cl\u00e9ment (Meurthe-et-Moselle), dans le Lun\u00e9villois, plac\u00e9es en liquidation judiciaire le 21 mars, une page de l\u2019histoire se tourne. Le lendemain, les cinq derniers ouvriers fa\u00efenciers, qui continuaient, dans une manufacture en d\u00e9litement, \u00e0 d\u00e9corer \u00e0 la main des pi\u00e8ces du stock, ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s pour un entretien pr\u00e9alable \u00e0 leur licenciement. \u00ab Les gars, \u00e7a faisait plusieurs mois qu\u2019ils n\u2019avaient plus de camelote pour bosser, <\/em>maugr\u00e9e un ancien de l\u2019usine, aujourd\u2019hui en retraite. Ils d\u00e9coraient des vieux sujets, ils n\u2019avaient rien que de la vieille terre pour bosser. \u00bb<\/em><\/p>\n Jean-Claude Kergoat, le g\u00e9rant de l\u2019entreprise, \u00e0 la t\u00eate du groupe Les Jolies C\u00e9ramiques, qui avait repris les fa\u00efenceries de Saint-Cl\u00e9ment en 2012, est amer. \u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 l\u00e2ch\u00e9 par tout le monde : les d\u00e9cideurs locaux, les politiques. J\u2019\u00e9tais dans le d\u00e9sert total. Seul un repreneur qui aurait beaucoup de courage, un peu de talent et l\u2019envie de sauver ce patrimoine historique pourrait \u00e9viter la disparition de Saint-Cl\u00e9ment et d\u2019un savoir-faire pr\u00e9cieux. Je l\u2019attends. \u00bb<\/em><\/p>\n Une accusation que r\u00e9fute Bruno Minutiello, le pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 de communes du territoire de Lun\u00e9ville \u00e0 Baccarat, qui conna\u00eet bien le dossier. \u00ab Il y a un an, nous avons vu M. Kergoat, car la situation \u00e9tait pr\u00e9occupante. Il n\u2019y avait plus dans la manufacture que deux ouvriers qui travaillaient la fa\u00efence. Le dirigeant nous faisait des demandes de subvention que nous ne pouvions honorer. On n\u2019a pas pu ouvrir le d\u00e9bat pour parler d\u2019une relance de la production. Aujourd\u2019hui, ce qui compte, c\u2019est le savoir-faire que tr\u00e8s peu de personnes, qui sont en outre d\u2019un \u00e2ge avanc\u00e9, d\u00e9tiennent. On est en contact avec la DRAC <\/em>[direction r\u00e9gionale des affaires culturelles] pour essayer de sauver les meubles et la marque Saint-Cl\u00e9ment, qui est propri\u00e9t\u00e9 de la communaut\u00e9 de communes.<\/em> \u00bb<\/em><\/p>\n \u00ab On le savait, on le redoutait. On se demandait juste quand \u00e7a allait arriver \u00bb <\/em>: Catherine Calame, pr\u00e9sidente de l\u2019association Saint-Cl\u00e9ment, ses fayences et son pass\u00e9, est la m\u00e9moire de cet art qui remonte \u00e0 1758, lorsque la fa\u00efencerie fut cr\u00e9\u00e9e pour rivaliser avec la porcelaine fine et d\u00e9corer richement les tables de la cour lorraine, \u00e0 Lun\u00e9ville. Au fil du temps, des services de table orn\u00e9s de fleurs ou de coqs, ou des sujets moul\u00e9s, sont sortis de la manufacture, fort pris\u00e9s par une client\u00e8le lorraine.<\/p>\n Il vous reste 55.45% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Autrefois, la Lorraine \u00e9tait une terre d\u2019\u00e9lection pour les arts du feu. Fa\u00efenceries et cristalleries y brillaient depuis le XVIIIe si\u00e8cle. Mais avec la disparition des fa\u00efenceries de Saint-Cl\u00e9ment (Meurthe-et-Moselle), dans le Lun\u00e9villois, plac\u00e9es en liquidation judiciaire le 21 mars, une page de l\u2019histoire se tourne. Le lendemain, les cinq derniers ouvriers fa\u00efenciers, qui continuaient, dans une<\/p><\/div>\n\u00ab Les gens vont chez Ikea s\u2019acheter des assiettes \u00bb<\/h2>\n