{"id":10293,"date":"2022-05-11T08:00:07","date_gmt":"2022-05-11T06:00:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2022\/05\/11\/femmes-au-travail-le-genre-invisible_6125575_1698637.html"},"modified":"2022-05-11T08:00:07","modified_gmt":"2022-05-11T06:00:07","slug":"femmes-au-travail-le-genre-invisible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/femmes-au-travail-le-genre-invisible\/","title":{"rendered":"Femmes au travail\u00a0: le genre \u00ab\u00a0invisible\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
<\/div>\n

Carnet de bureau.<\/strong> La discrimination se porte bien. Selon une enqu\u00eate IFOP r\u00e9alis\u00e9e pour L\u2019Autre Cercle (association contre les discriminations faites aux LGBT+ en entreprise) sur \u00ab la visibilit\u00e9 et l\u2019inclusion des lesbiennes au travail en France \u00bb, et publi\u00e9e mardi 10 mai, ces salari\u00e9es sont peu visibles en entreprise. Entre le 9 novembre 2021 et le 25 janvier 2022, l\u2019institut de sondage a interrog\u00e9 1 402 femmes lesbiennes ou bisexuelles, de 18 ans ou plus, en activit\u00e9 professionnelle. Un tiers (33 %) d\u2019entre elles seulement sont \u00ab visibles \u00bb en tant que telles par leurs sup\u00e9rieurs hi\u00e9rarchiques, et 40 % par leurs coll\u00e8gues de m\u00eame niveau hi\u00e9rarchique.<\/p>\n

Un constat qui serait anodin s\u2019il \u00e9tait sans cons\u00e9quences sur le travail, la sant\u00e9 et la carri\u00e8re des salari\u00e9es en question. Mais ce n\u2019est pas le cas. \u00ab Ces salari\u00e9es subissent les m\u00eames cons\u00e9quences que toute victime de harc\u00e8lement : isolement, perte d\u2019engagement, d\u2019investissement. Au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es, 26 % disent avoir eu des pens\u00e9es suicidaires, et 21 % en sont venues \u00e0 quitter leur entreprise. Par ailleurs, elles sont victimes d\u2019in\u00e9galit\u00e9s pour tous les droits li\u00e9s \u00e0 leur foyer : leur conjointe, leurs enfants. Tant qu\u2019elles ne se sont pas d\u00e9voil\u00e9es, elles ne peuvent pas en profiter \u00bb<\/em>, explique Catherine Tripon, porte-parole nationale de L\u2019Autre Cercle et coresponsable du projet Voilat (Visibilit\u00e9 ou invisibilit\u00e9 des lesbiennes au travail).<\/p>\n

Lire aussi <\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> En France, les entreprises s\u2019emparent de la question du genre<\/a> <\/span> <\/section>\n

En compl\u00e9ment de l\u2019enqu\u00eate IFOP, 88 entretiens qualitatifs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par L\u2019Autre Cercle pour comprendre les raisons de cette invisibilit\u00e9. Est-elle volontaire ? Subie ? Syst\u00e9mique ? Un d\u00e9but de r\u00e9ponse r\u00e9side dans la mesure de leur discrimination : 53 % des femmes interrog\u00e9es d\u00e9clarent avoir subi au moins une discrimination ou une agression au travail, et 31 % ont subi l\u2019une et l\u2019autre. Une majorit\u00e9 d\u2019entre elles ont fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une \u00ab lesbophobie d\u2019ambiance \u00bb<\/em> : elles ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins ou cibles directes de propos particuli\u00e8rement d\u00e9sobligeants, \u00ab peu propices \u00e0 une visibilit\u00e9 sereine \u00bb,<\/em> pr\u00e9cise l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n

Peur des repr\u00e9sailles<\/h2>\n

Le silence est souvent le premier r\u00e9flexe des victimes de discriminations en tout genre. Selon le 13e<\/sup> barom\u00e8tre annuel sur la perception des discriminations dans l\u2019emploi, r\u00e9alis\u00e9 conjointement par le D\u00e9fenseur des droits et l\u2019Organisation internationale du travail (OIT), \u00ab parmi les personnes qui n\u2019ont rien dit au moment des faits <\/em>[de discriminations] (23,5 %), 68 % \u00e9voquent la peur des repr\u00e9sailles de la part des auteurs, 60 % indiquent qu\u2019elles ne savaient pas quoi faire, et 56 % pensent que cela n\u2019aurait rien chang\u00e9 \u00bb<\/em>.<\/p>\n

Il vous reste 28.07% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Carnet de bureau. La discrimination se porte bien. Selon une enqu\u00eate IFOP r\u00e9alis\u00e9e pour L\u2019Autre Cercle (association contre les discriminations faites aux LGBT+ en entreprise) sur \u00ab la visibilit\u00e9 et l\u2019inclusion des lesbiennes au travail en France \u00bb, et publi\u00e9e mardi 10 mai, ces salari\u00e9es sont peu visibles en entreprise. Entre le 9 novembre 2021 et le 25 janvier 2022, l\u2019institut de<\/p><\/div>\n