{"id":10228,"date":"2022-04-18T14:00:09","date_gmt":"2022-04-18T12:00:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2022\/04\/18\/affaire-tavares-un-gouffre-entre-les-discours-des-elites-sur-le-capitalisme-responsable-et-leurs-pratiques-feodales_6122642_3232.html"},"modified":"2022-04-18T14:00:09","modified_gmt":"2022-04-18T12:00:09","slug":"affaire-tavares-un-gouffre-entre-les-discours-des-elites-sur-le-capitalisme-responsable-et-leurs-pratiques-feodales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/affaire-tavares-un-gouffre-entre-les-discours-des-elites-sur-le-capitalisme-responsable-et-leurs-pratiques-feodales\/","title":{"rendered":"Affaire Tavares\u00a0: \u00ab\u00a0Un gouffre entre les discours des \u00e9lites sur le capitalisme responsable et leurs pratiques f\u00e9odales\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
<\/div>\n

Tribune. <\/strong>Interrog\u00e9 sur BFM-TV \u00e0 propos des 66 millions d\u2019euros de r\u00e9mun\u00e9ration<\/a> du PDG du constructeur automobile Stellantis, Carlos Tavares, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a consid\u00e9r\u00e9 que Stellantis est une entreprise priv\u00e9e et qu\u2019\u00ab \u00e0 la fin, ce sont les actionnaires qui d\u00e9cident et qui votent \u00bb [le 13 avril].<\/em><\/p>\n

Il a eu beau expliquer ensuite que le gouvernement souhaite favoriser un meilleur partage de la valeur avec les salari\u00e9s dans les entreprises qui versent de gros dividendes, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a eu beau rectifier le lendemain, en d\u00e9clarant au micro de France Info qu\u2019il jugeait ce montant \u00ab excessif et<\/em> choquant \u00bb<\/em>, son porte-parole a ainsi fait aveu d\u2019impuissance, laquelle s\u2019est confirm\u00e9e dans les faits : l\u2019Etat actionnaire a vot\u00e9 contre la r\u00e9mun\u00e9ration, mais le PDG est pass\u00e9 outre en s\u2019appuyant sur le vote majoritaire de son conseil d\u2019administration.<\/p>\n

Des comptes \u00e0 rendre et des responsabilit\u00e9s<\/h2>\n

Ainsi a-t-on un nouvel exemple du gouffre entre les discours des \u00e9lites sur le capitalisme responsable et leurs pratiques f\u00e9odales<\/a> dans les grandes entreprises.<\/p>\n

Car, vraiment, peut-on consid\u00e9rer qu\u2019au XXIe<\/sup> si\u00e8cle, une entreprise, comme au temps de l\u2019\u00e9conomiste Adam Smith (1723-1790) et des grands entrepreneurs qui prenaient des risques consid\u00e9rables \u00e0 financer les grandes d\u00e9couvertes, ne doit des comptes qu\u2019\u00e0 ses actionnaires ? Doit-on consid\u00e9rer d\u2019ailleurs que les actionnaires sont propri\u00e9taires de l\u2019entreprise, ou uniquement de leurs actions et de leurs parts sociales ?<\/p>\n

Lire aussi :<\/span> Stellantis : les r\u00e9mun\u00e9rations ind\u00e9centes sapent le contrat social<\/a> <\/span> <\/section>\n

Dans une \u00e9conomie compos\u00e9e d\u2019entreprises toujours plus grandes et aux enjeux toujours plus gigantesques, une entreprise n\u2019a-t-elle pas des comptes \u00e0 rendre et des responsabilit\u00e9s envers ses salari\u00e9s, ses clients, ses fournisseurs, sans oublier les pouvoirs publics ? A l\u2019\u00e9vidence oui, et la soci\u00e9t\u00e9 le reconna\u00eet de plus en plus avec l\u2019essor des pratiques de responsabilit\u00e9 sociale et environnementale (RSE), des crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) et les objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD) de l\u2019ONU, sur lesquels les entreprises sont enjointes de s\u2019aligner.<\/p>\n

La cons\u00e9quence logique de cette responsabilit\u00e9 n\u2019est-elle pas de reconna\u00eetre que toutes les parties prenantes d\u2019une entreprise sont impact\u00e9es par son activit\u00e9, et que les plus impact\u00e9es d\u2019entre elles \u2013 salari\u00e9s, clients, sous-traitants, pouvoirs publics \u2013 devraient avoir un droit \u00e0 la consultation et\/ou \u00e0 la d\u00e9cision au m\u00eame titre que les actionnaires, qu\u2019elles soient d\u00e9tentrices ou non de parts sociales ?<\/p>\n

Il vous reste 55.82% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Tribune. Interrog\u00e9 sur BFM-TV \u00e0 propos des 66 millions d\u2019euros de r\u00e9mun\u00e9ration du PDG du constructeur automobile Stellantis, Carlos Tavares, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a consid\u00e9r\u00e9 que Stellantis est une entreprise priv\u00e9e et qu\u2019\u00ab \u00e0 la fin, ce sont les actionnaires qui d\u00e9cident et qui votent \u00bb [le 13 avril]. Il a eu beau expliquer ensuite que<\/p><\/div>\n