{"id":10198,"date":"2022-04-07T09:59:27","date_gmt":"2022-04-07T07:59:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2022\/04\/07\/face-a-la-flambee-des-prix-de-l-energie-et-a-l-inflation-des-augmentations-de-salaires-jugees-trop-faibles_6120990_3234.html"},"modified":"2022-04-07T09:59:27","modified_gmt":"2022-04-07T07:59:27","slug":"face-a-la-flambee-des-prix-de-lenergie-et-a-linflation-des-augmentations-de-salaires-jugees-trop-faibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/face-a-la-flambee-des-prix-de-lenergie-et-a-linflation-des-augmentations-de-salaires-jugees-trop-faibles\/","title":{"rendered":"Face \u00e0 la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie et \u00e0 l\u2019inflation, des augmentations de salaires jug\u00e9es trop faibles"},"content":{"rendered":"
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Comme les mobilisations in\u00e9dites chez Decathlon ou Leroy-Merlin avaient servi d\u2019\u00e9tendard m\u00e9diatique aux mouvements de revendication salariale de l\u2019automne 2021, celles chez Amazon, ces derniers jours, illustrent l\u2019insatisfaction grandissante des salari\u00e9s, qui voient leur budget grev\u00e9 par la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie et l\u2019inflation, \u00e0 son plus haut niveau depuis 1985 (+ 4,5 % sur un an).<\/p>\n

En t\u00e9moignent les r\u00e9cents mouvements de gr\u00e8ve et d\u00e9brayages chez Thales, Dassault Aviation, dans des magasins Conforama ou des restaurants Flunch, l\u2019absence d\u2019accord lors des n\u00e9gociations annuelles obligatoires chez Renault, Stellantis et Michelin, ou la suspension du dialogue social par les syndicats du secteur bancaire mi-mars devant le refus d\u2019une augmentation g\u00e9n\u00e9rale, malgr\u00e9 des r\u00e9sultats historiques.<\/p>\n

Lire aussi :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> Chez Amazon France, gr\u00e8ve et d\u00e9brayages \u00ab surprise \u00bb pour d\u00e9noncer des hausses de salaires \u00ab d\u00e9risoires \u00bb<\/a> <\/span> <\/section>\n

\u00ab On s\u2019attendait \u00e0 des n\u00e9gociations sensibles cette ann\u00e9e, avec un risque de d\u00e9ception. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00bb<\/em>, constate Coralie Rachet, directrice g\u00e9n\u00e9rale du cabinet de recrutement Walters People, qui a publi\u00e9, le 31 mars, une enqu\u00eate dans le cadre de laquelle les professionnels non cadres ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s sur leur salaire. La moiti\u00e9 d\u2019entre eux jugent avoir \u00e9t\u00e9 insuffisamment augment\u00e9s. \u00ab Globalement, il y a eu des hausses, mais en majorit\u00e9 inf\u00e9rieures \u00e0 5 %. Or, au regard du taux actuel de l\u2019inflation, ces 5 % sont devenus le nouveau seuil psychologique qui indique au salari\u00e9 s\u2019il gagne ou perd en termes de pouvoir d\u2019achat \u00bb,<\/em> pr\u00e9cise Mme<\/sup> Rachet.<\/p>\n

Il y a un autre indicateur-cl\u00e9 : le niveau du smic, index\u00e9 sur l\u2019inflation. Le minist\u00e8re du travail vient d\u2019annoncer qu\u2019il devrait augmenter m\u00e9caniquement de 2,4 \u00e0 2,6 % au 1er<\/sup> mai. Ce sera la troisi\u00e8me hausse en six mois, apr\u00e8s celles du 1er<\/sup> octobre 2021 (+ 2,2 %) et du 1er<\/sup> janvier 2022 (+ 0,9 %). En cumul\u00e9, une augmentation de 5,5 % \u00e0 5,7 % depuis l\u2019automne 2021, pour atteindre en mai 10,82 \u00e0 10,85 euros brut de l\u2019heure, de 1 641 \u00e0 1 646 euros brut mensuels.<\/p>\n

\u00ab Un sentiment d\u2019injustice \u00bb<\/h2>\n

Le reste des salaires n\u2019augmentant pas automatiquement, \u00ab davantage de gens vont se retrouver au smic. C\u2019est tout le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9crasement des salaires dans les \u00e9chelons les plus bas des grilles de r\u00e9mun\u00e9ration \u00bb, <\/em>souligne Christine Erhel, directrice du Centre d\u2019\u00e9tudes de l\u2019emploi et du travail au sein du Conservatoire national des arts et m\u00e9tiers.<\/p>\n

\u00ab Au 1er<\/sup> mai, 147 des 171 branches professionnelles de plus de 5 000 salari\u00e9s vont avoir des \u00e9chelons qui vont d\u00e9marrer en dessous du smic ! On n\u2019en a jamais eu autant ! \u00bb, <\/em>a alert\u00e9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CFDT, Laurent Berger, sur Public S\u00e9nat, lundi 4 avril, appelant \u00e0 de nouvelles n\u00e9gociations. De fait, dans de nombreuses branches (la s\u00e9curit\u00e9, la coiffure, la volaille\u2026), les accords de revalorisation sign\u00e9s ces derniers mois pour remettre les grilles de salaire en conformit\u00e9 sont d\u00e9j\u00e0 ou seront bient\u00f4t de nouveau caducs.<\/p>\n

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Comme les mobilisations in\u00e9dites chez Decathlon ou Leroy-Merlin avaient servi d\u2019\u00e9tendard m\u00e9diatique aux mouvements de revendication salariale de l\u2019automne 2021, celles chez Amazon, ces derniers jours, illustrent l\u2019insatisfaction grandissante des salari\u00e9s, qui voient leur budget grev\u00e9 par la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie et l\u2019inflation, \u00e0 son plus haut niveau depuis 1985 (+ 4,5 % sur<\/p><\/div>\n