{"id":10030,"date":"2022-02-25T09:35:54","date_gmt":"2022-02-25T08:35:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/societe\/article\/2022\/02\/25\/a-aubervilliers-des-violences-inexpliquees-contre-des-salaries-de-l-office-public-de-l-habitat_6115192_3224.html"},"modified":"2022-02-25T09:35:54","modified_gmt":"2022-02-25T08:35:54","slug":"a-aubervilliers-des-violences-inexpliquees-contre-des-salaries-de-loffice-public-de-lhabitat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/a-aubervilliers-des-violences-inexpliquees-contre-des-salaries-de-loffice-public-de-lhabitat\/","title":{"rendered":"A Aubervilliers, des violences inexpliqu\u00e9es contre des salari\u00e9s de l\u2019Office public de l\u2019habitat"},"content":{"rendered":"
C\u2019est un bras de fer d\u2019une rare violence qui s\u2019est engag\u00e9 depuis un peu plus d\u2019un mois \u00e0 Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Il oppose l\u2019Office public de l\u2019habitat (OPH) de la ville et \u00ab on ne sait pas qui. Des voyous ! \u00bb,<\/em> lance sa pr\u00e9sidente, la maire (UDI) Karine Franclet.<\/p>\n Tout a commenc\u00e9 le 20 janvier avec l\u2019inscription de tags sur les murs de cinq bureaux d\u2019accueil du bailleur \u2013 \u00ab A tous les gardiens, vous risquez de perdre votre jambe \u00e0 cause de votre directeur. \u00bb<\/em> Quatre jours plus tard, trois agents ont \u00e9t\u00e9 gaz\u00e9s et insult\u00e9s dans l\u2019un des locaux. Puis c\u2019est une agente \u00e2g\u00e9e d\u2019une soixantaine d\u2019ann\u00e9es qui a \u00e9t\u00e9 rou\u00e9e de coups par deux hommes cagoul\u00e9s devant chez elle, sous les yeux de sa petite fille. Le 31 janvier, une balle de r\u00e9volver a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e au bureau du directeur g\u00e9n\u00e9ral ainsi qu\u2019une lettre mena\u00e7ant sa vie et celle de sa femme \u2013 \u00ab on conna\u00eet son nom \u00bb<\/em>, \u00ab on sait o\u00f9 vous habitez \u00bb<\/em>. Mi-f\u00e9vrier, enfin, un individu s\u2019en est pris aux agents de s\u00e9curit\u00e9 et d\u2019accueil du si\u00e8ge en les aspergeant de gaz lacrymog\u00e8ne.<\/p>\n Face \u00e0 cette escalade de violences \u00ab que nous n\u2019avions jamais connue jusqu\u2019alors \u00bb<\/em>, souligne Antoine Wohlgroth, de la Conf\u00e9d\u00e9ration nationale du logement de Seine-Saint-Denis (CNL 93), \u00e9lus, salari\u00e9s et syndicats ont organis\u00e9 une journ\u00e9e blanche, jeudi 24 f\u00e9vrier, au cours de laquelle la direction du bailleur a d\u00e9taill\u00e9 les nouveaux dispositifs mis en place afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de ses agents. Vid\u00e9osurveillance, application mobile destin\u00e9e \u00e0 lancer l\u2019alerte en cas d\u2019agression ou de difficult\u00e9s rencontr\u00e9es sur le terrain, cellule de soutien psychologique, nouveau prestataire de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e\u2026<\/p>\n Au total, six salari\u00e9s sont en arr\u00eat de travail \u00e0 la suite d\u2019agressions. Un autre, \u00ab un jeune de 25 ans en alternance, qui souffre de crises d\u2019angoisse, n\u2019a pas pu revenir travailler depuis trois semaines \u00bb,<\/em> raconte Christian Miceli, le responsable informatique. Mais aucun n\u2019a exerc\u00e9 son droit de retrait. \u00ab Nous continuons, nous sommes impr\u00e9gn\u00e9s de notre mission \u00bb,<\/em> d\u00e9clare Jean-Baptiste Paturet. Plusieurs plaintes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es, les enqu\u00eates, confi\u00e9es \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 d\u00e9partementale et au commissariat d\u2019Aubervilliers, sont en cours. Aucune interpellation n\u2019a eu lieu, pour l\u2019instant.<\/p>\n Premier bailleur de la ville \u2013 qui compte 47 % de logements sociaux \u2013, l\u2019OPH d\u2019Aubervilliers emploie 180 collaborateurs, dont une centaine de gardiens r\u00e9partis autour de 21 bureaux d\u2019accueil et g\u00e8re 8 200 logements occup\u00e9s par 20 000 \u00e0 25 000 habitants. \u00ab Des disputes violentes avec des locataires, j\u2019en ai eu, des tensions, il y en a eu, mais jamais \u00e7a n\u2019en \u00e9tait arriv\u00e9 l\u00e0, pourquoi s\u2019en prendre aux gardiens et aux agents, aux derniers maillons de la cha\u00eene ? C\u2019est incompr\u00e9hensible \u00bb, <\/em>commente Joseph (qui a requis l\u2019anonymat), 50 ans, gardien depuis huit ans. La direction de l\u2019OPH serait vis\u00e9e. Un message re\u00e7u il y a quelques jours sur les r\u00e9seaux sociaux par la maire en t\u00e9moignerait : \u00ab A tous les gardiens de l\u2019OPHLM Aubervilliers. Si vous continuez \u00e0 travailler, vous serez confront\u00e9s \u00e0 de grandes repr\u00e9sailles directement chez vous. Fini, les actions sur vos lieux de travail, nous avons l\u2019adresse de vos domiciles. Vous devez imposer la d\u00e9mission de votre directeur, le cas \u00e9ch\u00e9ant, nous pr\u00e9parons de plus grosses attaques contre vous, votre administration et \u00e9ventuellement vos proches. \u00bb<\/em><\/p>\n Il vous reste 21.19% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" C\u2019est un bras de fer d\u2019une rare violence qui s\u2019est engag\u00e9 depuis un peu plus d\u2019un mois \u00e0 Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Il oppose l\u2019Office public de l\u2019habitat (OPH) de la ville et \u00ab on ne sait pas qui. Des voyous ! \u00bb, lance sa pr\u00e9sidente, la maire (UDI) Karine Franclet. Tout a commenc\u00e9 le 20 janvier avec l\u2019inscription de tags<\/p><\/div>\nFin des \u00ab passe-droits \u00bb, des \u00ab primes indues \u00bb<\/h2>\n