{"id":10009,"date":"2022-02-18T12:20:49","date_gmt":"2022-02-18T11:20:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2022\/02\/18\/qui-donc-peut-encore-se-rejouir-de-creations-d-emplois-si-ceux-ci-engendrent-insecurite-economique-et-impossibilite-de-survivre_6114257_3232.html"},"modified":"2022-02-18T12:20:49","modified_gmt":"2022-02-18T11:20:49","slug":"qui-donc-peut-encore-se-rejouir-de-creations-demplois-si-ceux-ci-engendrent-insecurite-economique-et-impossibilite-de-survivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/qui-donc-peut-encore-se-rejouir-de-creations-demplois-si-ceux-ci-engendrent-insecurite-economique-et-impossibilite-de-survivre\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Qui donc peut encore se r\u00e9jouir de cr\u00e9ations d\u2019emplois si ceux-ci engendrent ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique et impossibilit\u00e9 de survivre\u00a0?\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
Tribune.<\/strong> L\u2019annonce fait beaucoup de bruit : l\u2019emploi salari\u00e9 priv\u00e9 au quatri\u00e8me trimestre aurait augment\u00e9 de 0,5 %, portant les cr\u00e9ations d\u2019emplois suppl\u00e9mentaires \u00e0 pr\u00e8s de 650 000 pour l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2021, soit 300 000 emplois de plus qu\u2019en 2019, c\u2019est-\u00e0-dire avant la crise li\u00e9e \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19.<\/p>\n Ce r\u00e9sultat est tir\u00e9 du titre d\u2019un document de l\u2019Insee<\/a>, une \u00ab estimation flash \u00bb de l\u2019\u00e9volution de l\u2019emploi salari\u00e9 au quatri\u00e8me trimestre 2021. Malheureusement, si la note rappelle soigneusement la d\u00e9finition d\u2019un emploi qu\u2019elle a retenue \u2013 \u00e0 savoir des emplois occup\u00e9s par des personnes \u00ab ayant travaill\u00e9 au moins une heure r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e \u00bb<\/em>, ainsi que les personnes en situation de ch\u00f4mage partiel ou en arr\u00eat maladie \u2013, elle n\u2019en tire pas toutes les cons\u00e9quences. Pas plus que les m\u00e9dias, qui ont abondamment relay\u00e9 cette donn\u00e9e statistique.<\/p>\n En effet, les chiffres mis en avant additionnent des choux et des carottes, sur au moins deux plans. Premier plan : le type de contrat de travail. La croissance de 0,5 % de l\u2019emploi salari\u00e9 au quatri\u00e8me trimestre comprend tous les contrats de travail, donc des emplois en contrats \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, en contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ou encore en int\u00e9rim. Il faut noter que l\u2019Insee prend le temps de pr\u00e9ciser que les deux tiers des 107 000 emplois nets cr\u00e9\u00e9s au quatri\u00e8me trimestre 2021 sont dans l\u2019int\u00e9rim. La Dares [direction des \u00e9tudes du minist\u00e8re du travail]<\/em> rapporte par ailleurs que les contrats d\u2019int\u00e9rim en 2021 ont \u00e9t\u00e9 d\u2019une dur\u00e9e moyenne de deux semaines. A ce rythme, en moyenne sur un trimestre, il faut huit contrats d\u2019int\u00e9rim sign\u00e9s pour obtenir un volume d\u2019un seul emploi, en \u00e9quivalent temps plein.<\/p>\n Ce qui nous am\u00e8ne au deuxi\u00e8me plan : le temps de travail des personnes recrut\u00e9es. La notion d\u2019emploi retenue par l\u2019Insee recouvre des situations tr\u00e8s disparates, qui vont de la personne embauch\u00e9e \u00e0 temps complet \u00e0 celle qui ne d\u00e9croche qu\u2019un \u00ab bout d\u2019emploi \u00bb. En effet est consid\u00e9r\u00e9e en emploi une personne ayant travaill\u00e9 \u00ab au moins une heure r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e \u00bb <\/em>sur la p\u00e9riode\u2026 Or, il existe une mani\u00e8re classique, en statistiques, de tenir compte de ces dur\u00e9es tr\u00e8s variables du temps de travail : raisonner en \u00e9quivalents temps plein (ETP). Ce qui n\u2019est pas fait dans ces r\u00e9centes annonces de cr\u00e9ation d\u2019emploi\u2026 Tenir compte du temps de travail est donc essentiel pour saisir les \u00e9volutions r\u00e9elles de l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n De deux choses l\u2019une. Soit l\u2019Insee poss\u00e8de l\u2019information sur le nombre d\u2019heures de travail cr\u00e9\u00e9es, neutralisant ainsi l\u2019effet de dur\u00e9e du travail. Ce devrait \u00eatre le cas puisqu\u2019elles sont disponibles dans les \u00ab d\u00e9clarations sociales nominatives \u00bb [DSN, d\u00e9clarations des entreprises sur la situation de chaque salari\u00e9]<\/em>. Le fait que l\u2019Insee ne communique pas sur ce point pose probl\u00e8me \u00e0 quelques mois de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et interroge l\u2019ind\u00e9pendance dont l\u2019Institut se r\u00e9clame tant. De ce point de vue, l\u2019avertissement sibyllin contenu dans la \u00ab note flash \u00bb sur la d\u00e9finition d\u2019emploi retenu n\u2019y change rien.<\/p>\n Il vous reste 37.87% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Tribune. L\u2019annonce fait beaucoup de bruit : l\u2019emploi salari\u00e9 priv\u00e9 au quatri\u00e8me trimestre aurait augment\u00e9 de 0,5 %, portant les cr\u00e9ations d\u2019emplois suppl\u00e9mentaires \u00e0 pr\u00e8s de 650 000 pour l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2021, soit 300 000 emplois de plus qu\u2019en 2019, c\u2019est-\u00e0-dire avant la crise li\u00e9e \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19. Ce r\u00e9sultat est tir\u00e9 du titre d\u2019un document de l\u2019Insee, une<\/p><\/div>\nD\u00e9fi pour la d\u00e9mocratie<\/h2>\n