{"id":6840,"date":"2019-12-26T10:21:08","date_gmt":"2019-12-26T09:21:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2019\/12\/26\/a-alfortville-la-lutte-des-sans-papiers-d-un-sous-traitant-de-chronopost_6024088_3234.html"},"modified":"2019-12-26T10:21:08","modified_gmt":"2019-12-26T09:21:08","slug":"a-alfortville-la-lutte-des-sans-papiers-dun-sous-traitant-de-chronopost","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/a-alfortville-la-lutte-des-sans-papiers-dun-sous-traitant-de-chronopost\/","title":{"rendered":"A Alfortville, la lutte des sans-papiers d\u2019un sous-traitant de Chronopost"},"content":{"rendered":"
Apr\u00e8s six mois et six jours sur le piquet de gr\u00e8ve devant l\u2019agence Chronopost d\u2019Alfortville, Sekou, Demba et sept autres travailleurs sans-papiers, qui d\u00e9chargeaient les camions de colis de l\u2019op\u00e9rateur, sont soulag\u00e9s. Ils ont obtenu, le 17 d\u00e9cembre, leur \u00ab admission exceptionnelle au s\u00e9jour \u00bb<\/em> en France, indique la pr\u00e9fecture du Val-de-Marne. Ils sont donc r\u00e9gularis\u00e9s. Venus d\u2019Afrique, ces travailleurs avaient \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s, racontent-ils, en pr\u00e9sentant les papiers d\u2019un ami ou d\u2019un cousin en r\u00e8gle, un \u00ab alias \u00bb, par Mission int\u00e9rim, une soci\u00e9t\u00e9 de travail temporaire \u00e0 Cr\u00e9teil, pour le compte d\u2019un sous-traitant de Chronopost, Derichebourg.<\/p>\n Un montage en cascade \u00ab qui dilue les responsabilit\u00e9s et permet d\u2019exploiter les sans-papiers \u00bb,<\/em> estime Christian Schweyer, animateur du collectif des sans-papiers de Vitry (Seine-et-Marne), une ville voisine, qui soutient ce combat. Ces neuf r\u00e9gularisations viennent s\u2019ajouter \u00e0 celles obtenues par cinq de leurs coll\u00e8gues d\u00e9but d\u00e9cembre. \u00ab Je suis content,<\/em> sourit Demba, un travailleur s\u00e9n\u00e9galais r\u00e9gularis\u00e9, mais pas \u00e0 100 %<\/em>. \u00bb<\/em> Car 13 autres travailleurs sont encore dans l\u2019attente. Alors la lutte continue.<\/p>\n Une lutte tr\u00e8s visible \u00e0 Alfortville. De part et d\u2019autre du trottoir qui longe le site de Chronopost, la filiale de La Poste qui livre des colis express, des dizaines de tentes vertes sont align\u00e9es, recouvertes de b\u00e2ches bleues. A un bout du camp se trouvent quatre Sanisettes, financ\u00e9es par la mairie d\u2019Alfortville (PS). A l\u2019autre bout, un barnum chauff\u00e9 en cas de besoin, fourni par le conseil d\u00e9partemental (PCF). Ils sont environ 120 sans-papiers \u00e0 vivre sur place, dont 27 qui affirment avoir travaill\u00e9 sur le site de Chronopost.<\/p>\n M\u00eame r\u00e9gularis\u00e9, Sekou, un Malien de 29 ans qui a travaill\u00e9 vingt mois chez Chronopost entre 2016 et 2018, \u00ab ne veu<\/em>[t] pas quitter le camp tant que la situation des 13 autres n\u2019est pas d\u00e9bloqu\u00e9e. Il est plus important d\u2019obtenir des papiers que d\u2019avoir un travail sans papiers \u00bb, <\/em>estime-t-il.<\/p>\n A partir de 3 heures 30 ou 4 heures 30 du matin, jusqu\u2019\u00e0 7 heures 30, ils d\u00e9chargeaient les camions chez le logisticien. \u00ab Il fallait aller le plus vite possible \u00bb<\/em>, raconte l\u2019un d\u2019eux. Mais le 11 juin 2019, ils ont dit stop. Stop \u00e0 leur pr\u00e9carit\u00e9, qui permettait aux chefs d\u2019\u00e9quipe de \u00ab leur mettre la pression en permanence, sous la menace de les remplacer par d\u2019autres sans-papiers \u00bb<\/em>, ajoute M. Schweyer. \u00ab Toutes les heures n\u2019\u00e9taient pas pay\u00e9es<\/em>, raconte Demba. Mais si tu r\u00e9clames, tu es vir\u00e9. \u00bb <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Apr\u00e8s six mois et six jours sur le piquet de gr\u00e8ve devant l\u2019agence Chronopost d\u2019Alfortville, Sekou, Demba et sept autres travailleurs sans-papiers, qui d\u00e9chargeaient les camions de colis de l\u2019op\u00e9rateur, sont soulag\u00e9s. Ils ont obtenu, le 17 d\u00e9cembre, leur \u00ab admission exceptionnelle au s\u00e9jour \u00bb en France, indique la pr\u00e9fecture du Val-de-Marne. Ils sont donc r\u00e9gularis\u00e9s. Venus d\u2019Afrique, ces travailleurs<\/p><\/div>\n\u00ab Toutes les heures n\u2019\u00e9taient pas pay\u00e9es \u00bb<\/h2>\n