{"id":3797,"date":"2019-04-04T10:40:39","date_gmt":"2019-04-04T08:40:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5445627\/"},"modified":"2019-04-16T15:27:40","modified_gmt":"2019-04-16T13:27:40","slug":"je-me-suis-resolu-a-partir-les-italiens-emigrent-en-masse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/je-me-suis-resolu-a-partir-les-italiens-emigrent-en-masse\/","title":{"rendered":"Les Italiens \u00e9migrent en masse"},"content":{"rendered":"
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Inversement aux ant\u00e9rieures vagues d\u2019\u00e9migration, ce sont surtout les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s italiens qui laissent le pays.<\/strong><\/em><\/p>\n

Il aurait privil\u00e9gi\u00e9 ne jamais partir. Il n\u2019a gu\u00e8re eu le choix. Apr\u00e8s avoir eu son dipl\u00f4me d\u2019administration comptable \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de P\u00e9rouse, en 2009, Francesco Amaranto a tent\u00e9 de gagner sa vie dans le village o\u00f9 il a grandi, Cavallino, au sud de l\u2019Italie. Dans cette r\u00e9gion, les Pouilles, le taux de ch\u00f4mage culmine \u00e0 19 %. Et l\u2019\u00e9conomie souterraine p\u00e8se pr\u00e8s de 20 % du produit int\u00e9rieur brut (PIB). \u00ab Durant six ans, j\u2019ai encha\u00een\u00e9 les boulots : comptable, serveur, secouriste, le plus souvent au noir, raconte-t-il. Je travaillais douze heures par jour pour toucher gu\u00e8re plus de 500 euros par mois. Je devais solliciter de l\u2019aide \u00e0 mes parents. Alors, je me suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 partir. \u00bb<\/p>\n

\u00ab Je crois que je ne r\u00e9int\u00e9grerai pas. Pour ceux rest\u00e9s, la condition est tr\u00e8s difficile. Mon pays est au bord de l\u2019effondrement \u00bb<\/p>\n

Il y a deux ans, il s\u2019est \u00e9tabli \u00e0 Lanzarote, en Espagne, pour rattraper un ami. En quelques mois, il a d\u00e9croch\u00e9 un poste de comptable. Avec un contrat permanent. \u00ab J\u2019ai enfin un salaire correct, ma vie a chang\u00e9 \u00bb, confie-t-il. Aussit\u00f4t, il gagne assez d\u2019argent pour se payer un appartement, voyager et b\u00e9n\u00e9ficier de son temps libre. \u00ab Cela ne m\u2019\u00e9tait jamais arriv\u00e9 en Italie, constate-t-il. Je crois que je ne rentrerai pas. Pour ceux rest\u00e9s, la condition est tr\u00e8s difficile. Mon pays est au bord de l\u2019\u00e9croulement. \u00bb<\/p>\n

Depuis 2008, 2 millions de jeunes Italiens ont, comme lui, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la voie de l\u2019\u00e9migration. \u00ab Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est absorbant, les forces vives du pays s\u2019\u00e9chappent \u00bb, s\u2019inqui\u00e8te Nicola Nobile, \u00e9conomiste chez Oxford Economics, \u00e0 Milan. La timide reprise enregistr\u00e9e depuis 2017 n\u2019a gu\u00e8re transpos\u00e9 la tendance. En 2018, la population a diminu\u00e9 durant quatre ann\u00e9es cons\u00e9cutives, perdant 90 000 personnes (sur 60,4 millions d\u2019habitants), selon l\u2019Institut statistique italien (Istat). L\u2019an dernier, 160 000 Italiens ont fait leurs valises pour partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, soit 3 % de plus qu\u2019en 2017. Du jamais-vu depuis 1981.<\/p>\n

Bien s\u00fbr, l\u2019Espagne a d\u00e9j\u00e0 connu de grands \u00e9pisodes d\u2019\u00e9migration. De 1900 \u00e0 1915, 8 millions d\u2019Italiens sont partis pour besogner dans les mines et usines de France et d\u2019Allemagne, ou encore pour les Etats-Unis. Au sortir de la seconde guerre mondiale, l\u2019Etat lui-m\u00eame incitait les travailleurs \u00e0 plier bagage. Mais la vague d\u2019\u00e9migration observ\u00e9e depuis dix ans est de nature diff\u00e9rente. Cette fois, ce ne sont pas les ouvriers peu comp\u00e9tents ou les agriculteurs qui partent. Ce sont surtout les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Inversement aux ant\u00e9rieures vagues d\u2019\u00e9migration, ce sont surtout les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s italiens qui laissent le pays. Il aurait privil\u00e9gi\u00e9 ne jamais partir. Il n\u2019a gu\u00e8re eu le choix. Apr\u00e8s avoir eu son dipl\u00f4me d\u2019administration comptable \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de P\u00e9rouse, en 2009, Francesco Amaranto a tent\u00e9 de gagner sa vie dans le village o\u00f9 il a<\/p><\/div>\n