{"id":3016,"date":"2019-02-22T11:23:05","date_gmt":"2019-02-22T10:23:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/tiny\/5426771\/"},"modified":"2019-02-26T15:19:12","modified_gmt":"2019-02-26T14:19:12","slug":"krach-du-bebat-unedic-le-paritarisme-en-danger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/krach-du-bebat-unedic-le-paritarisme-en-danger\/","title":{"rendered":"Krach du d\u00e9bat Un\u00e9dic : le paritarisme en danger"},"content":{"rendered":"
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Les coop\u00e9rations syndicales et patronales n\u2019ont pas arriv\u00e9 \u00e0 trouver un issu sur une nouvelle convention pour l\u2019assurance-ch\u00f4mage. Le dialogue social est au plus mal.<\/strong><\/em><\/p>\n<\/div>\n

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\u00a0 Un coup tueur vient d\u2019\u00eatre tenu au paritarisme. Ce syst\u00e8me garantit aux collaborateurs sociaux \u2013 organisations syndicales et patronales \u2013 une ind\u00e9pendance de gestion pour plusieurs branches de la protection sociale, qu\u2019il s\u2019agisse des retraites compl\u00e9mentaires ou de l\u2019assurance-ch\u00f4mage. Cette derni\u00e8re, l\u2019Un\u00e9dic, cr\u00e9\u00e9e en 1958, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il y avait peu de ch\u00f4meurs, est soumise \u00e0 un r\u00e9gime de libert\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e. L\u2019Etat doit n\u00e9cessairement agr\u00e9er les conventions n\u00e9goci\u00e9es par les gestionnaires qui fixent les conditions d\u2019indemnisation des solliciteurs d\u2019emploi.<\/p>\n

Commenc\u00e9 en novembre 2018, en vue de pr\u00e9parer une nouvelle convention qui p\u00e9n\u00e9trera en vigueur en 2020, l\u2019\u00e9change a blind\u00e9 mercredi 20 f\u00e9vrier. Certes que, dans sa feuille de route, le gouvernement sommait l\u2019Un\u00e9dic de se g\u00e9rer une v\u00e9ritable potion am\u00e8re, en r\u00e9clamant, face \u00e0 une dette accumul\u00e9e de plus de 30 milliards d\u2019euros, de 3 milliards \u00e0 3,9 milliards d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies en trois ans.<\/p>\n

Cette ordonnance envisageait d\u2019une part un syst\u00e8me de bonus-malus, punissant les entreprises qui abusent de contrats courts \u2013 une promesse de campagne d\u2019Emmanuel Macron, contre laquelle le patronat est vent debout \u2013, et d\u2019autre part de faire agr\u00e9er aux syndicats une r\u00e9duction des prestations vers\u00e9es aux ch\u00f4meurs, et particuli\u00e8rement une baisse de la compensation maximale.<\/p>\n

Une forme de collectivisation<\/strong><\/p>\n

Le 28 janvier, le Medef, la Conf\u00e9d\u00e9ration des petites et moyennes entreprises (CPME) et l\u2019Union des entreprises de proximit\u00e9 (U2P), interrompus par une intervention du chef de l\u2019Etat r\u00e9affirmant sa d\u00e9termination d\u2019\u00e9tablir un bonus-malus, avaient abandonn\u00e9 la table des n\u00e9gociations, avant d\u2019y revenir sous la pression du premier ministre. Mais l\u2019\u00e9chec des discussions \u00e9tait au bout du chemin.<\/p>\n

L\u2019Etat va donc saisir la main et arr\u00eater par d\u00e9cret des contours de la future convention. C\u2019est une forme de nationalisation de l\u2019Un\u00e9dic, correspondant au souhait de M. Macron inform\u00e9 pendant sa campagne, avant qu\u2019il fasse marche arri\u00e8re. Michel Beaugas (FO), lui, parle d\u2019\u00ab un paritarisme d\u2019Etat \u00bb.<\/p>\n

Cette intervention \u00e9tatique n\u2019est pas une premi\u00e8re. Le 24 novembre 1982, Pierre B\u00e9r\u00e9govoy, ministre des affaires sociales, devant l\u2019inaptitude des partenaires sociaux \u00e0 s\u2019entendre, avait pris un verdict qui avait acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 les in\u00e9galit\u00e9s de traitement entre ch\u00f4meurs, ce qui avait donn\u00e9 naissance \u00e0 ce qu\u2019on avait nomm\u00e9 \u00ab les nouveaux pauvres \u00bb.<\/p>\n

Muriel P\u00e9nicaud promet une coalition<\/strong><\/p>\n

En 2001, le gouvernement de Lionel Jospin avait nier de garantir la convention qui instituait le plan d\u2019aide au retour \u00e0 l\u2019emploi (PARE), un vrai transformation culturel, toujours en vigueur, qui liait le versement d\u2019une contribution \u00e0 l\u2019engagement du ch\u00f4meur \u00e0 rechercher activement un emploi,avant de trouver un compromis avec les gestionnaires.<\/p>\n

L\u2019\u00e9chec de cette discussion, au moment o\u00f9, avec la crise des \u00ab gilets jaunes \u00bb, le besoin d\u2019octroyer un r\u00f4le-cl\u00e9 aux corps conciliatrices se fait plus que jamais sentir, est une tr\u00e8s mauvaise nouvelle. M\u00eame si certains syndicalistes ne sont pas contestataires de laisser la puissance publique faire le \u00ab sale boulot \u00bb, en enlevant les droits des ch\u00f4meurs, et en garantir seule l\u2019impopularit\u00e9, quand le dialogue social tourne court, il n\u2019y a que des perdants.<\/p>\n

Muriel P\u00e9nicaud, la ministre du travail, a aussit\u00f4t la redoutable t\u00e2che de se substituer aux syndicats et au patronat pour construire une nouvelle convention. Elle a promis une concertation. C\u2019est le minimum qu\u2019elle puisse faire si elle ne veut pas notifier aux partenaires sociaux, que M. Macron a cru bon d\u2019\u00e9valuer, qu\u2019on peut se passer d\u2019eux.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Les coop\u00e9rations syndicales et patronales n\u2019ont pas arriv\u00e9 \u00e0 trouver un issu sur une nouvelle convention pour l\u2019assurance-ch\u00f4mage. Le dialogue social est au plus mal. \u00a0 Un coup tueur vient d\u2019\u00eatre tenu au paritarisme. Ce syst\u00e8me garantit aux collaborateurs sociaux \u2013 organisations syndicales et patronales \u2013 une ind\u00e9pendance de gestion pour plusieurs branches de la<\/p><\/div>\n