{"id":12379,"date":"2023-11-29T06:30:09","date_gmt":"2023-11-29T05:30:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2023\/11\/29\/manager-avec-l-intelligence-artificielle-les-biais-des-recruteurs_6202906_1698637.html"},"modified":"2023-11-29T06:30:09","modified_gmt":"2023-11-29T05:30:09","slug":"manager-avec-lintelligence-artificielle-les-biais-des-recruteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/manager-avec-lintelligence-artificielle-les-biais-des-recruteurs\/","title":{"rendered":"Manager avec l\u2019intelligence artificielle\u00a0: les biais des recruteurs"},"content":{"rendered":"
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Carnet de bureau.<\/strong> Lorsqu\u2019un recruteur est confront\u00e9 \u00e0 deux recommandations contraires pour embaucher le petit nouveau, l\u2019une provenant d\u2019un humain et l\u2019autre de l\u2019intelligence artificielle (IA), laquelle va-t-il suivre ?<\/p>\n

Deux chercheurs en sciences de gestion, <\/strong>Alain Lacroux, de l\u2019universit\u00e9 Paris-I Panth\u00e9on-Sorbonne, et Christelle Martin-Lacroux, de l\u2019universit\u00e9 Grenoble-Alpes, se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la question, pour y voir plus clair sur l\u2019influence des algorithmes sur la s\u00e9lection des dossiers de candidature. Les conclusions de leurs \u00e9tudes exp\u00e9rimentales, men\u00e9es en pr\u00e9ambule d\u2019un appel \u00e0 projet de recherche pour le minist\u00e8re du travail et publi\u00e9es fin septembre, d\u00e9montrent qu\u2019on ne se m\u00e9fie jamais assez de soi-m\u00eame.<\/p>\n

L\u2019usage de l\u2019intelligence artificielle dans les ressources humaines, relativement r\u00e9cent en France, a franchi la porte des entreprises : \u00ab 50 % des recruteurs d\u00e9clarent utiliser au moins un outil associ\u00e9 \u00e0 l\u2019IA au cours de leur processus \u00bb<\/em>, <\/em>fait savoir Christelle Martin-Lacroux.<\/p>\n

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Lire aussi :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> Dans les entreprises, l\u2019essor du management par les algorithmes<\/a> <\/span> <\/div>\n<\/section>\n

A chaque \u00e9tape du recrutement \u2013 sourcing, r\u00e9daction des offres d\u2019emploi, qualification de candidature, entretien, matching, etc. \u2013, l\u2019intelligence artificielle est une promesse d\u2019efficacit\u00e9 gagn\u00e9e : diversification des candidatures, annonces non biais\u00e9es, pr\u00e9qualification rapide, d\u00e9cryptage du langage non verbal pendant les entretiens, choix plus objectif par le matching algorithmique, etc. Mais qu\u2019en font r\u00e9ellement les responsables des ressources humaines ?<\/p>\n

M\u00eame lorsqu\u2019il se trompe<\/h2>\n

L\u2019exp\u00e9rimentation des deux chercheurs a consist\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer les r\u00e9actions d\u2019un panel de recruteurs devant deux CV qui leur ont \u00e9t\u00e9 soumis, l\u2019un pertinent, l\u2019autre pas, assortis d\u2019une recommandation faite soit par un algorithme, soit par un responsable RH. Dans un premier temps, le recruteur devait exprimer son niveau de confiance dans la recommandation, avant de noter le CV, puis d\u2019en choisir un.<\/p>\n

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Lire aussi :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> L\u2019intelligence artificielle g\u00e9n\u00e9rative s\u2019attaque aux ressources humaines<\/a> <\/span> <\/div>\n<\/section>\n

Lors de l\u2019exp\u00e9rimentation, les recruteurs ont d\u00e9clar\u00e9 avoir davantage confiance dans l\u2019expert humain que dans les algorithmes, m\u00eame lorsqu\u2019il se trompe et recommande le moins bon dossier de candidature. Il est vrai que les raisons de se m\u00e9fier de l\u2019assistance de l\u2019intelligence artificielle ne manquent pas, comme les biais discriminatoires par exemple.<\/p>\n

Pourtant, au moment de choisir le CV, au grand \u00e9tonnement des chercheurs, et malgr\u00e9 les d\u00e9clarations de plus grande confiance dans les recommandations des responsables des ressources humaines, les recruteurs ont suivi les conseils des algorithmes. \u00ab Les recommandations conflictuelles peuvent amener les recruteurs \u00e0 une forme de paresse cognitive<\/em>, avance Alain Lacroux, qui s\u2019appuie sur la logique suivante : comme je ne sais pas comment \u00e7a marche mais qu\u2019on me le recommande, \u00e7a ne doit pas \u00eatre aussi mauvais \u00bb.<\/em><\/p>\n

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Carnet de bureau. Lorsqu\u2019un recruteur est confront\u00e9 \u00e0 deux recommandations contraires pour embaucher le petit nouveau, l\u2019une provenant d\u2019un humain et l\u2019autre de l\u2019intelligence artificielle (IA), laquelle va-t-il suivre ? Deux chercheurs en sciences de gestion, Alain Lacroux, de l\u2019universit\u00e9 Paris-I Panth\u00e9on-Sorbonne, et Christelle Martin-Lacroux, de l\u2019universit\u00e9 Grenoble-Alpes, se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la question, pour y<\/p><\/div>\n