{"id":12239,"date":"2023-10-19T07:00:03","date_gmt":"2023-10-19T05:00:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2023\/10\/19\/jerome-denis-et-david-pontille-finalistes-du-prix-penser-le-travail-de-nombreux-professionnels-se-posent-la-question-de-la-valorisation-de-la-maintenance_6195349_1698637.html"},"modified":"2023-10-19T07:00:03","modified_gmt":"2023-10-19T05:00:03","slug":"jerome-denis-et-david-pontille-finalistes-du-prix-penser-le-travail-de-nombreux-professionnels-se-posent-la-question-de-la-valorisation-de-la-maintenance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/jerome-denis-et-david-pontille-finalistes-du-prix-penser-le-travail-de-nombreux-professionnels-se-posent-la-question-de-la-valorisation-de-la-maintenance\/","title":{"rendered":"J\u00e9r\u00f4me Denis et David Pontille, finalistes du prix \u00ab\u00a0Penser le travail\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0De nombreux professionnels se posent la question de la valorisation de la maintenance\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
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L\u2019essai Le Soin des choses. Politiques de la maintenance<\/em> est une plong\u00e9e dans le monde de la maintenance, analys\u00e9 par J\u00e9r\u00f4me Denis et David Pontille, respectivement professeur de sociologie \u00e0 Mines Paris-PSL et directeur de recherche au CNRS. Il vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 au prix Penser le travail 2023<\/a>. Les auteurs s\u2019expliquent sur son apport au monde du travail.<\/p>\n

Dans votre ouvrage, vous parlez du \u00ab soin des choses \u00bb comme un sujet n\u00e9glig\u00e9 par les entreprises et par la recherche, mais capital pour l\u2019avenir de nos soci\u00e9t\u00e9s. En quoi la maintenance s\u2019inscrit-elle dans l\u2019actualit\u00e9 du XXIe<\/sup> si\u00e8cle ?<\/h3>\n

J\u00e9r\u00f4me Denis :<\/strong> Face \u00e0 la crise environnementale, la maintenance apporte une solution pour \u00ab faire durer \u00bb. Les \u00e9l\u00e8ves architectes construisent aujourd\u2019hui dans une situation probl\u00e9matique. Faire durer les b\u00e2timents, par exemple, leur appara\u00eet comme une r\u00e9ponse. La maintenance s\u2019inscrit dans l\u2019actualit\u00e9 des pays riches, notamment pour les grandes infrastructures (routes, ponts, r\u00e9seaux d\u2019eau). Beaucoup de choses sont vieillissantes, sans que la maintenance ait \u00e9t\u00e9 prise en compte. Dans cet ouvrage, on a d\u00e9velopp\u00e9 la question du \u00ab faire durer \u00bb, la rencontre entre les \u00eatres et les objets et la question de leur fragilisation. La maintenance rend sensible aux d\u00e9gradations \u00e0 l\u2019\u0153uvre, et l\u2019attention aux traces vise \u00e0 saisir chaque ph\u00e9nom\u00e8ne dans sa singularit\u00e9.<\/p>\n

Comment en \u00eates-vous venus \u00e0 vous int\u00e9resser \u00e0 ce sujet ?<\/h3>\n

David Pontille : <\/strong>C\u2019\u00e9tait au cours d\u2019une enqu\u00eate d\u00e9marr\u00e9e en 2007 sur le renouvellement des panneaux consacr\u00e9s aux usagers du m\u00e9tro parisien. A l\u2019issue d\u2019une de nos derni\u00e8res rencontres, la responsable de la normalisation de l\u2019ensemble de la signal\u00e9tique de la RATP nous a propos\u00e9 de voir \u00ab les gars de la maintenance \u00bb. C\u2019est ainsi que la maintenance a surgi comme un th\u00e8me de recherche que l\u2019on a pris au s\u00e9rieux. De pr\u00e9c\u00e9dents ouvrages en sociologie et en ergonomie existaient sur le sujet du point de vue organisationnel, avec le prisme du risque, mais disaient peu de choses du travail lui-m\u00eame, de l\u2019action des mainteneurs.<\/p>\n

J.D. <\/strong>De nombreux acteurs issus de mondes professionnels tr\u00e8s diff\u00e9rents, dans la sant\u00e9, l\u2019\u00e9nergie ou la d\u00e9fense, se posent, de fa\u00e7on urgente, la question de la valorisation de la maintenance. Les mainteneurs ont une forme d\u2019expertise de proximit\u00e9 avec les choses qui n\u2019est pas compl\u00e8tement formalisable. Il y a un enseignement li\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re elle-m\u00eame. Si l\u2019on veut prendre en consid\u00e9ration la maintenance, il faut prendre en compte la maintenabilit\u00e9 des choses. Il existe aussi un autre enjeu, celui de laisser une marge de man\u0153uvre aux mainteneurs. Ils savent comment r\u00e9agissent les machines. L\u2019externalisation, par exemple, peut poser un fort risque de pertes d\u2019expertises.<\/p>\n

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L\u2019essai Le Soin des choses. Politiques de la maintenance est une plong\u00e9e dans le monde de la maintenance, analys\u00e9 par J\u00e9r\u00f4me Denis et David Pontille, respectivement professeur de sociologie \u00e0 Mines Paris-PSL et directeur de recherche au CNRS. Il vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 au prix Penser le travail 2023. Les auteurs s\u2019expliquent sur son apport au<\/p><\/div>\n