{"id":11661,"date":"2023-05-03T07:00:41","date_gmt":"2023-05-03T05:00:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/emploi\/article\/2023\/05\/03\/les-collectifs-d-independants-un-juste-milieu-entre-salariat-et-travail-en-free-lance_6171863_1698637.html"},"modified":"2023-05-03T07:00:41","modified_gmt":"2023-05-03T05:00:41","slug":"les-collectifs-dindependants-un-juste-milieu-entre-salariat-et-travail-en-free-lance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/les-collectifs-dindependants-un-juste-milieu-entre-salariat-et-travail-en-free-lance\/","title":{"rendered":"Les collectifs d\u2019ind\u00e9pendants, un juste milieu entre salariat et travail en free-lance"},"content":{"rendered":"
En mars 2021, Fred Liz\u00e9e a cofond\u00e9, \u00e0 Nantes, le collectif Away We Go, qui rassemble aujourd\u2019hui une quarantaine d\u2019ind\u00e9pendants, majoritairement autoentrepreneurs, dans les m\u00e9tiers du tourisme. \u00ab L\u2019objectif \u00e9tait de mutualiser nos r\u00e9seaux et expertises \u00e0 la sortie du Covid, pour proposer de nouveaux services aux entreprises du secteur, qui ont du mal \u00e0 embaucher et commencent \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux ind\u00e9pendants \u00bb<\/em>, explique ce chef de produit.<\/p>\n Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les regroupements d\u2019ind\u00e9pendants comme celui-ci se multiplient, sous des statuts vari\u00e9s : association, soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e, coop\u00e9rative\u2026 Dans une \u00e9tude publi\u00e9e en janvier avec la banque en ligne Shine, la plate-forme Collective estime qu\u2019il existe 35 000 collectifs d\u2019ind\u00e9pendants en France \u00e0 ce jour, dont 10 000 se revendiquent comme tels.<\/p>\n Pour Jean-Yves Ottmann, chercheur en sciences du travail et coordinateur scientifique du Laboratoire Missioneo, le d\u00e9veloppement de ces nouvelles formes de travail est li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00ab \u00e9mergence de nouveaux m\u00e9tiers de la prestation intellectuelle, qui se sont structur\u00e9s gr\u00e2ce aux outils num\u00e9riques \u00bb<\/em>. La technologie et le d\u00e9veloppement (24 % des collectifs selon l\u2019\u00e9tude Shine-Collective), la communication (16 %) et le conseil sont parmi les secteurs les plus repr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n Pour Yannick Fondeur, chercheur au Conservatoire national des arts et m\u00e9tiers, qui a notamment analys\u00e9 un collectif de free-lances dans le num\u00e9rique : \u00ab Il y a deux objectifs au d\u00e9part, se partager des opportunit\u00e9s de missions, ainsi que faire \u00e9quipe et avoir des comp\u00e9tences compl\u00e9mentaires. \u00bb<\/em> Jean-Yves Ottmann identifie, lui, trois raisons : \u00ab politique, avec un rejet du salariat et des organisations traditionnelles ; psychologique, avec une volont\u00e9 de quitter la solitude ; et pragmatique, pour acc\u00e9der \u00e0 des ressources et missions auxquelles on ne peut pas acc\u00e9der tout seul \u00bb.<\/em><\/p>\n Cinquante-cinq pour cent des ind\u00e9pendants qui ont rejoint un collectif l\u2019ont fait pour \u00ab combattre la solitude du free-lancing \u00bb<\/em>, selon l\u2019\u00e9tude Shine-Collective. En se r\u00e9unissant, les free-lances cherchent aussi \u00e0 mutualiser certaines d\u00e9penses : facturation, documents commerciaux, site Web, formations\u2026 \u00ab On a recr\u00e9\u00e9 ce qui nous plaisait dans l\u2019entreprise et qu\u2019on avait perdu en devenant ind\u00e9pendantes : travailler ensemble, avoir des gens sur qui compter \u00bb<\/em>, estime Louise Racine, cofondatrice de Lookoom, collectif sp\u00e9cialis\u00e9 en identit\u00e9 de marque sur le num\u00e9rique, qui f\u00e9d\u00e8re aujourd\u2019hui 200 personnes.<\/p>\n\u00ab Combattre la solitude \u00bb<\/h2>\n