{"id":11070,"date":"2022-12-16T18:02:10","date_gmt":"2022-12-16T17:02:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2022\/12\/16\/chez-sanofi-un-mois-de-conflit-social-qui-laisse-des-traces_6154759_3234.html"},"modified":"2022-12-16T18:02:10","modified_gmt":"2022-12-16T17:02:10","slug":"chez-sanofi-un-mois-de-conflit-social-qui-laisse-des-traces","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/chez-sanofi-un-mois-de-conflit-social-qui-laisse-des-traces\/","title":{"rendered":"Chez Sanofi, un mois de conflit social qui laisse des traces"},"content":{"rendered":"
Le froid glacial n\u2019a pas entam\u00e9 leur d\u00e9termination. Sur le site de production de Sanofi \u00e0 Maisons-Alfort (Val-de-Marne), le thermom\u00e8tre affiche un degr\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur en cette mi-d\u00e9cembre. Mais les salari\u00e9s en gr\u00e8ve, rassembl\u00e9s devant l\u2019entr\u00e9e de l\u2019entreprise, bouillonnent de col\u00e8re. \u00ab On n\u2019abandonnera pas, la direction va devoir tenir compte de notre ras-le-bol<\/em> \u00bb<\/em>, l\u00e2che Barbara, 47 ans, imm\u00e9diatement approuv\u00e9e par son voisin.<\/p>\n Depuis un mois, cette salari\u00e9e d\u00e9braye presque chaque jour aux c\u00f4t\u00e9s de ses coll\u00e8gues pour r\u00e9clamer une revalorisation des salaires. \u00ab Apr\u00e8s des ann\u00e9es sans augmentation collective, nous avons p\u00e9niblement obtenu 1 % l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Une miette pour un grand groupe comme Sanofi, qui r\u00e9alise plus de 37 milliards d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires \u00bb<\/em>, s\u2019indigne Christophe.<\/p>\n A quelques semaines de la retraite, le technicien de production, \u00ab trente-huit ans de maison \u00bb<\/em>, est venu soutenir ses compagnons pour son dernier \u00ab baroud d\u2019honneur \u00bb<\/em>. Emmitoufl\u00e9s dans d\u2019\u00e9pais manteaux, bonnet viss\u00e9 sur la t\u00eate, ils sont une quinzaine ce jour-l\u00e0 \u00e0 s\u2019\u00eatre donn\u00e9s rendez-vous autour du barbecue install\u00e9 sur le trottoir.<\/p>\n \u00ab Ne vous fiez pas au nombre, beaucoup de salari\u00e9s soutiennent notre combat \u00bb<\/em>, assure Fr\u00e9d\u00e9ric Dos Santos. Et le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical de la CGT de rappeler le \u00ab feuilleton \u00bb<\/em> du mouvement de gr\u00e8ve \u00ab in\u00e9dit \u00bb<\/em> qui agite le premier groupe pharmaceutique fran\u00e7ais depuis quatre semaines. Le thermom\u00e8tre social du fleuron tricolore s\u2019est embras\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion des n\u00e9gociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires.<\/p>\n Le 14 novembre, veille de la premi\u00e8re r\u00e9union avec la direction, la CGT a appel\u00e9 l\u2019ensemble des syndicats (CFDT, FO, Sud, CFTC, CFE-CGC) et salari\u00e9s de Sanofi dans l\u2019Hexagone \u00e0 se mettre en gr\u00e8ve. D\u00e9butent alors les premiers piquets de gr\u00e8ve. Le lendemain, une centaine de salari\u00e9s manifestent devant le si\u00e8ge France du groupe, \u00e0 Gentilly (Val-de-Marne). A la table des n\u00e9gociations, l\u2019intersyndicale r\u00e9clame une augmentation collective de 10 % pour 2023 pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019inflation, une \u00ab prime Macron \u00bb de 10 000 euros et l\u2019embauche des deux tiers des 3 700 salari\u00e9s en contrats pr\u00e9caires (CDD, int\u00e9rim, contrat d\u2019apprentissage).<\/p>\n A Maisons-Alfort, la fabrication de seringues de Lovenox, un anticoagulant utilis\u00e9 dans le traitement des thromboses, serait en retard de cinq millions de bo\u00eetes<\/p>\n<\/blockquote>\n \u00ab Depuis neuf ans, Sanofi avait quasiment coup\u00e9 les vannes des augmentations collectives. Il n\u2019y avait plus que des augmentations individuelles et par automaticit\u00e9. Au vu de l\u2019inflation pendant ce laps de temps, les salaires sont compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019ouest \u00bb<\/em>, explique M. Dos Santos. Dans la foul\u00e9e, la direction fait une premi\u00e8re proposition, rejet\u00e9e par les salari\u00e9s. De nouveaux sites rejoignent la gr\u00e8ve, qui s\u2019installe dans la dur\u00e9e, \u00e0 la surprise m\u00eame des syndicats.<\/p>\n Il vous reste 56.14% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Le froid glacial n\u2019a pas entam\u00e9 leur d\u00e9termination. Sur le site de production de Sanofi \u00e0 Maisons-Alfort (Val-de-Marne), le thermom\u00e8tre affiche un degr\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur en cette mi-d\u00e9cembre. Mais les salari\u00e9s en gr\u00e8ve, rassembl\u00e9s devant l\u2019entr\u00e9e de l\u2019entreprise, bouillonnent de col\u00e8re. \u00ab On n\u2019abandonnera pas, la direction va devoir tenir compte de notre ras-le-bol \u00bb, l\u00e2che Barbara,<\/p><\/div>\nA la surprise des syndicats<\/h2>\n
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