{"id":10287,"date":"2022-05-09T14:00:08","date_gmt":"2022-05-09T12:00:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2022\/05\/09\/augmenter-le-smic-le-debat-refait-surface-chez-les-economistes_6125347_823448.html"},"modified":"2022-05-09T14:00:08","modified_gmt":"2022-05-09T12:00:08","slug":"augmenter-le-smic-le-debat-refait-surface-chez-les-economistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/augmenter-le-smic-le-debat-refait-surface-chez-les-economistes\/","title":{"rendered":"Augmenter le smic\u00a0: le d\u00e9bat refait surface chez les \u00e9conomistes"},"content":{"rendered":"
<\/div>\n

La feuille de paye est-elle l\u2019ennemie de l\u2019emploi ? Alors que de plus en plus de m\u00e9nages se serrent la ceinture face \u00e0 l\u2019emballement des prix de l\u2019\u00e9nergie et des produits alimentaires, cette question r\u00e9currente vient d\u2019\u00eatre relanc\u00e9e par Patrick Artus. Le conseiller \u00e9conomique de la banque Natixis, qui fait partie des experts dont la voix est particuli\u00e8rement \u00e9cout\u00e9e en France, a affirm\u00e9, le 28 avril, que la r\u00e9flexion sur le pouvoir d\u2019achat \u00ab se heurte <\/em>[\u00e0 un] tabou \u00bb <\/em>: celui de la \u00ab croyance tr\u00e8s profonde chez la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des \u00e9conomistes \u00bb<\/em> selon laquelle une augmentation des \u00ab plus bas salaires \u00bb<\/em> d\u00e9truit des postes \u00ab peu qualifi\u00e9<\/em>[s] \u00bb<\/em>. \u00ab Est-ce que c\u2019est vrai ? \u00bb<\/em>, s\u2019est-il interrog\u00e9, sans trancher ni par l\u2019affirmative ni par la n\u00e9gative.<\/p>\n

Lire aussi :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> Pouvoir d\u2019achat : le bouillonnement de la campagne pr\u00e9sidentielle a laiss\u00e9 place au silence politique<\/a> <\/span> <\/section>\n

Le simple fait d\u2019exprimer des doutes suscite des r\u00e9actions contrast\u00e9es chez ses pairs et est susceptible de fournir des arguments \u00e0 tous ceux, notamment \u00e0 gauche ainsi que parmi les syndicats, qui exhortent les pouvoirs publics \u00e0 accro\u00eetre plus g\u00e9n\u00e9reusement le smic.<\/p>\n

M. Artus a tenu ces propos lors du Club de l\u2019\u00e9conomie<\/a>, une rencontre-d\u00e9bat organis\u00e9e par Le Monde<\/em>. Le conseiller de Natixis a rappel\u00e9 que depuis une d\u00e9cennie, le salaire minimum ne re\u00e7oit \u00ab pas de coup de pouce \u00bb<\/em>, ce qui signifie que l\u2019Etat se borne \u00e0 accorder les revalorisations obligatoires pr\u00e9vues par les textes (celles qui interviennent chaque 1er <\/sup>janvier et celles qui se produisent, le cas \u00e9ch\u00e9ant, en cours d\u2019ann\u00e9e lorsque l\u2019inflation flambe, \u00e0 l\u2019image de la hausse de 2,65 %<\/a> entr\u00e9e en vigueur le 1er <\/sup>mai). Une telle mod\u00e9ration est conforme aux recommandations que le comit\u00e9 d\u2019experts sur le smic pr\u00e9sente, chaque ann\u00e9e, dans un rapport remis au gouvernement : pour ce groupe de personnalit\u00e9s qualifi\u00e9es, une augmentation trop soutenue du salaire minimum risquerait de nuire aux embauches de travailleurs r\u00e9tribu\u00e9s \u00e0 ce niveau-l\u00e0.<\/p>\n

\u00ab Plein de contre-exemples \u00bb<\/h2>\n

Cette certitude, qui s\u2019appuie sur de nombreuses recherches, m\u00e9riterait, toutefois, d\u2019\u00eatre r\u00e9examin\u00e9 aux yeux de Patrick Artus, car il y a \u00ab plein de contre-exemples \u00bb<\/em>. Le conseiller de Natixis se pr\u00e9vaut d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e au milieu des ann\u00e9es 1990 par David Card et Alan Krueger : les deux \u00e9conomistes s\u2019\u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 des \u00e9tablissements du secteur de la restauration rapide aux Etats-Unis, qui avaient relev\u00e9 de fa\u00e7on substantielle la r\u00e9mun\u00e9ration de leurs employ\u00e9s les moins bien pay\u00e9s. R\u00e9sultat : \u00ab \u00c7a n\u2019a pas du tout d\u00e9truit d\u2019emplois \u00bb<\/em>, a relat\u00e9 Patrick Artus. Au contraire, m\u00eame : \u00ab Ils <\/em>[en] ont cr\u00e9\u00e9. \u00bb<\/em> D\u00e8s lors, \u00ab il faut creuser cette question \u00bb<\/em> en conduisant de nouvelles enqu\u00eates, voire des \u00ab exp\u00e9rimentations \u00bb<\/em> qui pourraient se traduire par des majorations fortes et tr\u00e8s localis\u00e9es du smic afin d\u2019en appr\u00e9cier les incidences.<\/p>\n

Il vous reste 41.83% de cet article \u00e0 lire. La suite est r\u00e9serv\u00e9e aux abonn\u00e9s.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

La feuille de paye est-elle l\u2019ennemie de l\u2019emploi ? Alors que de plus en plus de m\u00e9nages se serrent la ceinture face \u00e0 l\u2019emballement des prix de l\u2019\u00e9nergie et des produits alimentaires, cette question r\u00e9currente vient d\u2019\u00eatre relanc\u00e9e par Patrick Artus. Le conseiller \u00e9conomique de la banque Natixis, qui fait partie des experts dont la voix<\/p><\/div>\n