{"id":10206,"date":"2022-04-08T12:32:59","date_gmt":"2022-04-08T10:32:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2022\/04\/08\/un-nouvel-agencement-de-notre-societe-du-travail-est-d-ores-et-deja-a-l-uvre_6121209_3232.html"},"modified":"2022-04-08T12:32:59","modified_gmt":"2022-04-08T10:32:59","slug":"un-nouvel-agencement-de-notre-societe-du-travail-est-dores-et-deja-a-loeuvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeunediplome.net\/un-nouvel-agencement-de-notre-societe-du-travail-est-dores-et-deja-a-loeuvre\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Un nouvel agencement de notre soci\u00e9t\u00e9 du travail est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
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Tribune. <\/strong>Un nouvel agencement de la soci\u00e9t\u00e9 du travail est \u00e0 l\u2019\u0153uvre sans qu\u2019aucune r\u00e9flexion ne soit men\u00e9e sur ce que nous souhaitons collectivement. Le d\u00e9bat de la campagne pr\u00e9sidentielle, cristallis\u00e9 autour de l\u2019\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite, t\u00e9moigne de notre incapacit\u00e9 \u00e0 repenser notre syst\u00e8me, alors que l\u2019urgence est \u00e0 la r\u00e9invention d\u2019un pacte social pour r\u00e9pondre aux \u00e9volutions de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n

Lire aussi :<\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> A qui profitent les \u00ab bullshit jobs \u00bb ?<\/a> <\/span> <\/section>\n

Dans le monde du travail, l\u2019attention est en effet occup\u00e9e par le ph\u00e9nom\u00e8ne des plates-formes ou, plus largement, par l\u2019engouement pour l\u2019activit\u00e9 entrepreneuriale et ses \u00ab start-uppeurs \u00bb. C\u2019est pourtant dans l\u2019univers salari\u00e9 que tout change. Ne nous y trompons pas : entre la lassitude du lien de subordination, la crise sanitaire et l\u2019efficacit\u00e9 des technologies de communication, l\u2019\u00e9volution de la relation salariale et de ses modes d\u2019expression doit \u00eatre au centre des r\u00e9flexions, bien plus que le statut juridique des travailleurs de plates-formes, qui n\u2019est qu\u2019un r\u00e9v\u00e9lateur de perturbations dans une soci\u00e9t\u00e9 du travail con\u00e7ue pour le contrat \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e (CDI).<\/p>\n

Le CDI reste aujourd\u2019hui la forme normale du travail. Il constitue la pierre angulaire des politiques de l\u2019emploi, en garantissant aux salari\u00e9s reconnaissance sociale et avantages r\u00e9serv\u00e9s, tels que l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit et au logement. Le CDI a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u comme la promesse et la condition d\u2019une vie stable. Cependant, si aujourd\u2019hui la France compte encore pr\u00e8s de 80 % de salari\u00e9s, ils ne sont plus tous titulaires d\u2019un CDI \u00e0 temps plein et le recours \u00e0 des formes de contrats de travail atypiques s\u2019est tr\u00e8s largement d\u00e9velopp\u00e9.<\/p>\n

Lire aussi <\/span> Article r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 nos abonn\u00e9s<\/span><\/span> \u00ab Laisser mariner le DRH a \u00e9t\u00e9 une revanche sur tous les refus que je me suis pris \u00bb : ces candidats \u00e0 l\u2019embauche qui se sont volatilis\u00e9s<\/a> <\/span> <\/section>\n

Depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, les r\u00e9formes du droit du travail ont \u00e9volu\u00e9 vers plus de flexibilisation pour r\u00e9pondre \u00e0 la mondialisation et \u00e0 la financiarisation de l\u2019\u00e9conomie. Nous sommes alors peu \u00e0 peu entr\u00e9s dans une \u00e8re d\u2019instabilit\u00e9, dans laquelle s\u2019impose l\u2019injonction de l\u2019adaptation permanente : le rapport au temps ne s\u2019inscrit plus dans la stabilit\u00e9. Cette rupture, en germe depuis de nombreuses ann\u00e9es, s\u2019est pleinement consomm\u00e9e avec l\u2019essor du t\u00e9l\u00e9travail contraint.<\/p>\n

Le carburant du si\u00e8cle<\/h2>\n

La r\u00e9volution technologique, les aspirations \u00e9mancipatrices de l\u2019individu et l\u2019\u00e9volution du r\u00f4le de l\u2019entreprise dans la soci\u00e9t\u00e9 ont \u00e9galement tr\u00e8s largement rebattu les cartes : l\u2019individu s\u2019interroge sur son propre rapport au travail et cherche \u00e0 ma\u00eetriser son destin sans abdiquer la pl\u00e9nitude de ses droits en tant que personne et non plus en tant que simple travailleur. La crise r\u00e9sultant du Covid-19 a pes\u00e9 sur le moral des citoyens et conduit au constat inqui\u00e9tant d\u2019\u00ab une soci\u00e9t\u00e9 fatigu\u00e9e \u00bb<\/em><\/a> (rapport CFDT-Fondation Jean Jaur\u00e8s du 26 novembre 2021). <\/em>Ce changement de paradigme nous impose plus que jamais de repenser, collectivement, ce que travailler veut dire.<\/p>\n

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Tribune. Un nouvel agencement de la soci\u00e9t\u00e9 du travail est \u00e0 l\u2019\u0153uvre sans qu\u2019aucune r\u00e9flexion ne soit men\u00e9e sur ce que nous souhaitons collectivement. Le d\u00e9bat de la campagne pr\u00e9sidentielle, cristallis\u00e9 autour de l\u2019\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite, t\u00e9moigne de notre incapacit\u00e9 \u00e0 repenser notre syst\u00e8me, alors que l\u2019urgence est \u00e0 la r\u00e9invention d\u2019un pacte<\/p><\/div>\n