La pluriactivité plait les cadres en interruption avec le travail classique

« Les formes alternatives d’emploi – portage salarial, microentrepreneuriat,  groupements d’employeurs, temps partagé, etc. – sont synonymes d’autonomie et de liberté. »
« Les formes alternatives d’emploi – portage salarial, microentrepreneuriat,  groupements d’employeurs, temps partagé, etc. – sont synonymes d’autonomie et de liberté. » Veronica Grech/Ikon Images / Photononstop

Le désir des travailleurs pluriactifs est de percevoir par l’accumulation d’emploi la sécurité et la liberté dans le travail.

Tania André est une cumularde multifonction et multi-employeur. Directrice administrative et financière (DAF) de l’entreprise de services informatiques iViFlo deux jours/semaine, elle continu durant un jour et demi avec une double casquette de DAF et de responsable des ressources humaines chez AT2Conseil. Deux postes en CDI auxquels viennent s’additionner des missions ponctuelles pour un réseau d’appui aux entrepreneurs. Elle se présente comme DAF et DRH en temps partagé.

Cécile Bachelot, responsable marketing et communication, accumule quant à elle les employeurs en CDI à temps partiel et pour des missions en indépendante. Finalement, Nataly Ferrand a créé une société pour gérer sa pluriactivité : coach en management trois jours par semaine et professeure de yoga les deux autres jours.

Toutes, elles font partie des pluriactifs, une population en pleine accroissement. « La tendance à la pluriactivité est massive et en très forte augmentation ces dernières années, explique François-Xavier de Vaujany, professeur à l’université Paris-Dauphine, où il conduit l’équipe de recherche management et organisation. Mais le phénomène protéiforme est difficile à mesurer. » Dans sa dernière étude « Temps et conditions de travail », l’Insee déclare le chiffre de 2,3 millions de personnes, qui inclut les activités d’entretien et de ménage pour lesquelles pluriactivité rime avec précarité et faible qualification.

Séparation de parcours professionnel

Nous sommes là loin des profils compétents de Tania, Cécile et Nataly, pour qui les formes alternatives d’emploi – portage salarial, microentrepreneuriat, réunions d’employeurs, temps partagé, etc. – sont synonymes d’autonomie et de liberté. Cette approche du travail, parfois « subie » selon les métiers et les fonctions, suborne de nombreux cadres. D’après l’étude de l’Association pour l’emploi des cadres « Salariat et autres formes d’emploi », parue en mars,57 % se disent prêts à quitter le salariat classique pour tenter d’autres formes d’emploi ; 16 % seraient même certains de passer à l’acte dans les trois prochaines années. Et continuellement selon l’APEC, 65 % des cadres regardent que le portage salarial peut répondre aux espoirs des salariés.