La plupart des études sont fausses, selon une étude!

Vous adorez lire des articles scientifiques relatant des études, ou même vous plonger directement dans ces mêmes analyses ? Un médecin dont la spécialité est « l’étude des études » pense que la plupart des recherches menées sont soit fausses, soit non pertinentes.

John Ioannidis est professeur de médecine à l’Université de Stanford (États-Unis), et celui-ci s’évertue depuis des années à « étudier les études » qui sont régulièrement réalisées et publiées. L’intéressé a lui-même mené et publié une étude en 2005 baptisée Pourquoi la plupart des études publiées sont fausses ?
Récemment pour l’AFP, le médecin a estimé que la majorité des articles publiés étaient mauvais, quand bien même ceux-ci sont susceptibles de figurer dans des revues scientifiques sérieuses. La raison principale de cette critique est l’utilisation d’échantillons trop faibles en quantité pour pouvoir apporter des conclusions généralisables.
Selon lui, quelques progrès ont été faits depuis une quinzaine d’années, à savoir l’exigence par quelques revues que les chercheurs fournissent leurs données brutes ou communiquent leur protocole au préalable. Ceci est donc une sorte de garantie puisque ces informations peuvent servir à la vérification des études ou encore à leur reproduction.
Par ailleurs, John Ioannidis pointe du doigt un autre problème. Selon lui, les expériences qui sont refaites donnent rarement les mêmes résultats que l’étude initiale. Ainsi, le médecin avait affirmé dans une analyse en 2014 que seulement un tiers des études parues dans les trois plus importantes revues scientifiques avaient pu être reproduites par d’autres chercheurs !
John Ioannidis estime que tous les domaines peuvent être touchés, de la médecine à l’épidémiologie en passant par les essais cliniques de médicaments, ou encore les recherches sur la nutrition. Ceci pose alors la question de ce qu’il faudrait retenir ou non des études que nous lisons çà et là dans la presse. John Ioannidis estime que le lecteur devrait se demander si l’étude en question est un cas isolé, ou si celle-ci vient apporter du nouveau à des études réalisées antérieurement. Il ne faudrait pas non plus oublier de s’intéresser à la taille de l’échantillon étudié, au financement des recherches et à l’intégrité des chercheurs.