Diplôme, principal facteur d’évolution sociale, selon une étude de France Stratégie

Contrairement à l’origine migratoire, le sexe ou encore la transmission d’un patrimoine, les diplômes restent très déterminants dans l’évolution sociale des Français.
Selon une étude portant sur les différences sociales persistantes en France, les diplômes sont déterminants dans l’évolution sociale. En revanche, l’origine migratoire, le sexe ou la transmission d’un patrimoine ont beaucoup moins d’incidence sur la richesse des Français.
L’origine sociale agit sur la réussite scolaire
L’organisme d’expertise et de prospective rattaché à Matignon a étudié le profil de 80 000 personnes âgées de 28 à 44 ans, ce qui est inédit. Pour cela, France Stratégie s’est fondé sur le niveau de vie de ces personnes, calculé en fonction des impôts et des prestations sociales. On apprend notamment dans cette étude qu’un enfant de cadre supérieur a quatre fois plus de chances d’appartenir aux 20% des Français les plus riches qu’un enfant d’ouvrier.
Parmi les 10% des personnes étudiées les plus riches, un tiers sont des enfants de cadres supérieurs alors que parmi les 10% les plus modestes, plus de la moitié sont des enfants d’ouvriers. De la même manière, les enfants d’enseignants ont 50% de chances de plus que les autres d’accéder à la partie supérieure de la pyramide des revenus.
D’après France Stratégie, l’origine sociale a une influence importante en France sur la réussite scolaire des individus. Or, la principale possibilité de progression sociale réside dans l’obtention de diplômes. Le baccalauréat est la première condition. Puis, plus les études sont longues, plus les revenus des diplômés sont élevés. Ce constat, déjà fait depuis plusieurs années, est pour la première fois prouvé par des outils statistiques. Selon l’étude, le système d’ascenseur social par l’éducation fonctionne pour une partie des enfants d’ouvriers presque uniquement grâce au diplôme. S’ils ont le bac, ils peuvent avoir des revenus plus élevés que leurs parents mais ils continuent d’avoir plus de difficultés que les autres pour obtenir un diplôme.
France Stratégie recommande « d’investir dans la petite enfance »
L’un des responsables de France Stratégie, Fabrice Lenglart, envoie donc un message sans détour au gouvernement : « Il faut investir dans la petite enfance et l’éducation », assure le commissaire général adjoint. « Il faut faire tout pour que, lorsque vous êtes enfant, que vous soyez né dans une famille d’ouvriers ou de cadres, vous ayez la possibilité grâce à l’école d’étudier le plus loin possible. » Selon lui, cela passe par « des politiques qui permettent d’aider un peu plus dans leurs études des enfants qui sont issus de milieux plus défavorisés. » Cette préconisation intervient alors qu’Emmanuel Macron a repoussé mercredi 4 juillet la présentation du plan pauvreté à la rentrée, alors qu’elle était prévue la semaine prochaine. Des mesures sont attendues pour la formation des jeunes de 16 ans ou l’accueil des enfants en crèche jusqu’à trois ans.