« Définir la raison d’être de l’entreprise, un nouvel exercice stratégique »

« Le Cercle des entreprises à raison d’être » propose, dans une tribune au « Monde », une méthodologie de concertation et de décision pour mieux exploiter les nouvelles possibilités offertes par la loi Pacte.

Publié aujourd’hui à 11h38 Temps de Lecture 2 min.

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Le projet de loi Pacte est en lecture à l’Assemblée nationale.
Le projet de loi Pacte est en lecture à l’Assemblée nationale. Godong/robertharding / Photononstop

Tribune. En incitant les entreprises à se doter d’une « raison d’être » – pour celles qui le souhaitent –, la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) ouvre un espace original de partage d’enjeux stratégiques – dire où on va, comment on doit agir, et pour qui on travaille – au sein de l’organisation, et même à ses parties prenantes. L’exercice était réservé jusqu’ici à « l’aristocratie » de l’entreprise, à ses cadres « éclairés », voire réservé au monarque fondateur.

L’inspirateur du concept, Jean-Dominique Senard (alors patron de Michelin, aujourd’hui de Renault), interpelle ses pairs lors de la publication de son rapport (« L’entreprise, objet d’intérêt collectif », voir lien PDF) en leur demandant s’ils osent souvent avouer que leur seul objectif est de « gagner du pognon ». Et de les défier en les invitant à exprimer leur contribution à la société, à dire ouvertement quelle est leur mission et son rapport à l’intérêt collectif, à énoncer la manière de faire, c’est-à-dire les valeurs mais aussi la ligne de partage de la valeur.

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Le Cercle des entreprises à raison d’être s’est constitué le 14 mars autour de praticiens de la responsabilité d’entreprise, d’associations comme Entreprise et progrès et le Centre des jeunes dirigeants (CJD), qui prônent depuis longtemps une vocation sociétale affirmée – le fameux « double projet » d’Antoine Riboud – pour aider à formaliser une méthode d’élaboration et de suivi appropriée de la raison d’être, qui soit tout sauf un exercice de communication. On dispose déjà d’expertises qui ont fait leur preuve à travers des pionniers comme Schneider Electric, qui a mis l’efficacité énergétique en tête de sa stratégie, comme Carrefour, qui se donne « la transition alimentaire » comme objectif, ou comme Veolia, qui a décidé que « la gestion de la ressource renouvelable » était son champ d’expansion universelle.

Troisième étape politique

Leur point commun est de partir, première étape, d’une « vision » capable de satisfaire toutes les parties prenantes, comme la mobilité durable chez Michelin qui la destine à ses clients, à ses salariés et aux acteurs publics.