Ces entreprises qui se veulent plus accueillantes envers les salariés handicapés

Dans l’usine allemande DencoHappel Production, en 2017.
Dans l’usine allemande DencoHappel Production, en 2017. DPA / Photononstop

Dorothée Pinotie respire à nouveau. Lorsqu’elle a appris que son employeur, le centre de relations clients d’ICF Habitat (le bailleur social de la SNCF) déménageait du 13e au 10e arrondissement de Paris, la conseillère clientèle a eu un coup de stress. Changer ses habitudes n’est évident pour aucun salarié, mais lorsque l’on est non voyant, les questions d’accessibilité dans un nouveau quartier prennent une importance cruciale.

Heureusement, pour l’aider à se repérer, sa hiérarchie lui a proposé des « ateliers de locomotion » avec une association spécialisée. « J’ai mémorisé différents chemins pour me rendre sur mon lieu de travail. C’est à ce genre d’attention que l’on mesure la volonté d’une société d’accueillir des personnes handicapées », estime Dorothée Pinotie, quelques semaines plus tard. Ce centre de relations clients fait figure d’exemple : il accueille 20 % de salariés souffrant de handicaps divers. Une politique volontariste portée depuis sa création en 2006 par son responsable Olivier Sicard. Sensibilisé par « un ami brusquement atteint de cécité », celui-ci a eu « une véritable prise de conscience ». Le dirigeant espère maintenant convaincre d’autres services autour de lui. Des petits-déjeuners dans le noir sont, par exemple, déjà prévus.

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Le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 18 %, et plus de la moitié d’entre elles recherchent un poste depuis plus d’un an. La loi fixe à toutes les entreprises de plus de 20 salariés une obligation d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés. Mais seules 34 % en recrutent directement au sein de l’entreprise, sans sous-traiter à des établissements spécialisés. Une kyrielle de dispositifs a pourtant été mise en place pour aider les employeurs dans le recrutement. « On fait face à une action publique composée d’une sédimentation de dispositifs aux orientations parfois contradictoires, avec une multiplicité d’acteurs. On est bien en peine, aujourd’hui, d’identifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », analyse Anne Revillard, professeure associée à Sciences Po et auteure de Handicap et travail (Presses de Sciences Po – mai 2019). Les réformes en cours ont pour ambition de faire bouger les lignes.

Dans la durée

Sensibilisation des équipes, recrutement, aménagements de postes, maintien dans l’emploi et aide à la reconversion… Les sociétés les plus en pointe ont mis en œuvre des politiques volontaristes qui jouent sur plusieurs plans, le plus souvent dans la durée. Installée dans la Loire, France Découpe, spécialisée dans la transformation de papiers peints intissés, fait partie de ces bons élèves depuis peu. La PME de 65 salariés (groupe Addev Materials) a démarré une politique en la matière, il y a tout juste un an. Son taux d’emploi au sein de l’entreprise a bondi de 1,5 % à 8,83 %.